Adieu Pícaro – tu as été un fidèle compagnon qui m’a quitté beaucoup trop jeune…

Pícaro est entré dans ma vie un beau jour de février 2009 quand je vivais en Auvergne. Il avait alors 4 mois et s’est approché de moi alors que je me trouvais dans mon jardin. Il s’est assis à une distance respectueuse (et prudente !) de 10 mètres et m’a ensuite longuement regardé. Je lui ai naturellement donné une assiette avec quelques poignées de croquettes qu’il n’a seulement mangées qu’une fois que je me suis éloigné de lui. Puis il est reparti vers sa tanière.

Il est revenu le lendemain. Je lui ai redonné une assiette de croquettes que, cette fois-ci, il a mangé sans que j’aie à m’éloigner. Puis il est reparti une nouvelle fois.

Le jour suivant, il entrait dans ma maison pour manger ses croquettes !

Depuis ce jour, il m’avait adopté et il était devenu un de mes fidèles compagnons.

Il s’était immédiatement entendu avec tous mes autres chats.

Il faut admettre que, au fil des années, il avait pris beaucoup de poids et était même devenu obèse ! À un moment donné, il pesait 9 kilos !

Mais, lorsque comme moi vous avez 5 chats, il est très difficile, pour ne pas dire impossible de les mettre au régime. J’ai toujours eu 5 gamelles avec leur nourriture et il est impossible d’isoler un chat spécifique pour qu’il mange moins. Cette photo vous montrera le dilemme :

Cinq chats, cinq gamelles ! (Picaro est le second à partir de la droite)
Cinq chats, cinq gamelles ! (Pícaro est le second à partir de la droite)

Lorsque j’ai décidé de vivre en Colombie en 2010, je l’ai naturellement emmené avec moi et il a donc traversé l’océan atlantique avec Air France.

Ses mésaventures ont commencé dès son arrivée en Colombie ! En effet, il était supposé me suivre à Barranquilla, mais il a été « perdu » à Bogotá ! Je ne l’ai récupéré que 4 heures après mon arrivée à Barranquilla – il a dû être envoyé par « courrier spécial » avec le dernier vol de la journée !

Ses mésaventures ont continué l’année suivante en Colombie lorsque qu’il est tombé du rebord de la fenêtre de mon appartement du 2ème étage ! J’avais d’ailleurs écrit un billet (ici) à l’époque sur cet incident.

En fin de compte, je dois admettre que ce n’était certes pas le chat le plus intelligent que j’ai adopté. Mais il était sans aucun doute l’un des plus affectueux. Non seulement avec moi, mais surtout avec les trois chatons colombiens que j’ai adoptés depuis mon arrivée en Colombie.

Sa mission a toujours été de les accueillir, de les protéger et de jouer avec eux. En dépit de son poids, vous n’imaginerez jamais les nombreuses et folles courses-poursuites dans mon appartement ! Il était indubitablement le chat le plus populaire dans ma tribu de chats – et l’un des plus aimés et respectés.

J’écris ce billet au passé car Pícaro m’a malheureusement quitté mardi dernier des suites d’une infection foudroyante de sa vessie/reins. Les vétérinaires n’ont hélas pas pu le sauver.

Il aurait eu 9 ans au mois de novembre prochain.

Il me manquera énormément. Mais je sais que je me suis bien occupé de lui et que je lui ai donné un bon foyer.

Lorsque vous avez des animaux de compagnie, que ce soient des chiens, des chats, des lapins ou des hamsters, la seule chose qui compte véritablement est que vous fassiez le meilleur pour eux lorsqu’ils partagent votre vie quotidienne.

Pícaro en France (dans mon jardin)
Pícaro en France (dans mon jardin)
Pícaro en Colombie (sur mon lit)
Pícaro en Colombie (sur mon lit)
Pícaro sur un rebord de fenêtre (en Colombie)
Pícaro sur un rebord de fenêtre (en Colombie)

 

Jusqu’où ira le désespoir ?

Une employée domestique travaillait dans un appartement au 3ème étage d’un immeuble à Barranquilla. Pour une raison inconnue, elle est sortie de l’appartement et la porte s’est malheureusement refermée sur elle. Elle s’est donc retrouvée à l’extérieur sans pouvoir rentrer.

Qu’a t-elle alors décidé de faire ? Elle a emprunté une paire de draps à un voisin, elle a façonné une sorte de corde avec ces draps, elle est montée sur le toit de l’immeuble, et elle a décidé de rentrer par une fenêtre ouverte en utilisant cette corde :

Jusqu'où ira le désespoir ?
Jusqu’où ira le désespoir ?

Inutile de vous le dire, elle a glissé, elle est tombée de 12 mètres et elle est décédée.

Jusqu’où ira le désespoir dans ce genre de situations ?

Comment téléphoner en Colombie

Si vous pensiez que vous pouviez téléphoner en Colombie comme vous le faites/faisiez en France, vous vous fourvoyez totalement !

Remarque : Ce billet s’applique à la région des Caraïbes de la Colombie. J’ignore si ce que je vais écrire est également valable dans les autres régions du pays. Partagez vos expériences dans les commentaires de ce billet !

En France, c’est plutôt simple : vous appelez quelqu’un et si, après 15 secondes, il/elle ne répond pas, vous tomberez sur son répondeur. À vous donc de laisser un message ou non (le plus souvent, vous le ferez).

En Colombie, non !

Bon, vous tomberez sur son répondeur (« buzón de voz »), mais cela ne servira strictement à rien de lui laisser un message car, dans 95% des cas, cette personne ne le consultera pas (et votre message sera automatiquement effacé après 5 jours).

Il faut en effet savoir que les costeños n’utilisent pas leur service de répondeur : ils n’écouteront pas ceux que vous laissez et ils ne laisseront aucun message sur le vôtre.

Plus important encore : vous appelez quelqu’un et il ne répond pas et vous tombez alors sur son répondeur. Raccrochez immédiatement et ne perdez donc pas de temps à lui laisser un message. Mais rappelez-le immédiatement une seconde fois – et même une troisième fois ! Vous serez surpris de constater combien de personnes décrochent lors du second ou troisième appel.

En effet, votre insistance leur montrera que votre appel est sérieux et que vous désirez communiquer avec eux !

De la même façon, ne vous étonnez-pas si une personne qui n’a pas pu vous joindre (parce que votre mobile était éteint ou parce que vous ne lui avez pas répondu) vous rappellera avec persistance toutes les trente secondes (jusqu’à ce que vous décrochiez ou bien qu’elle se lasse après une demi-douzaine d’essais).

Il est très important de bien comprendre cette attitude culturelle complètement différente de celle de la France !

Les arcanes d’un déménagement à Barranquilla

Je dois prochainement déménager de mon domicile actuel. Pour celles et ceux d’entre vous qui ont déjà vécu cette expérience, vous connaîtrez le stress qu’elle engendre – principalement parce que tout doit être organisé en même temps et que les marges d’erreurs sont casi-inexistantes (à moins de dépenser deux fois plus pour pouvoir corriger les problèmes).

L’une de mes priorités est donc de conserver les services internet de mon fournisseur actuel, à savoir Claro.

Ce fournisseur offre une option téléphonique appelée « Déménagement facile ». Cela semblait à priori idéal ! Je les ai donc appelé ce soir pour organiser les transferts de mes services (internet, téléphonie mobile et télévision) vers ma nouvelle adresse. Voici la transcription française de ma conversation (j’ai omis les phases d’identification) :

Moi : Bonsoir, je vais bientôt déménager et j’aimerais organiser le transfert de toutes mes prestations actuelles vers mon nouveau domicile.
Claro :  Bien sûr ! Quelle sera votre nouvelle adresse ?
Moi : <nouvelle adresse communiquée>
Claro : Un instant, je vais vérifier la couverture dans le quartier <1 minute passe>
Claro : Je vous informe que nous avons bien une couverture dans le quartier, par contre, pouvez-vous me reconfirmer que vous habiterez bien au premier étage ?
Moi : Oui, au premier étage. C’est une maison avec un appartement au rez-de-chaussée et un second appartement au premier étage.
Claro : Selon notre base de données, la maison à cette adresse n’a qu’un rez-de-chaussée et pas de premier étage. Êtes-vous sûr qu’il y a un premier étage ?
Moi : Je l’ai visitée hier, et le premier étage était bien présent. Et ce depuis plus de 50 ans. Pensez-vous qu’il ait disparu depuis hier ?
Claro : Non, mais comme ce premier étage n’apparaît pas dans notre base de données, nous devons le « créer » avant de pouvoir vous offrir nos services.
Moi : OK, et bien créez-le maintenant !
Claro : Non, désolé, cela prend 24 heures.
Moi : 24 heures pour créer un premier étage qui existe depuis des dizaines d’années ?
Claro : Oui, une fois de plus désolé. Rappelez demain avec ce numéro de dossier <numéro de dossier communiqué>.
Moi : OK, je suppose que Claro viendra récupérer mon ancien matériel (décodeur, carte, modem, etc.) à mon domicile actuel pour l’installer à ma nouvelle adresse ?
Claro : Non Señor, vous devez-vous même apporter votre ancien équipement à votre nouvelle adresse pour qu’il puisse être réinstallé.
Moi : Donc, je déconnecte tout et je vous l’apporte ?
Claro : Non Señor, prenez une tenaille ou une paire de ciseaux et coupez les cables 15 cm avant les connexions.
Moi : Couper les cables ?!
Claro : Oui Señor. Vous ne devez pas déconnecter le matériel. Coupez simplement 15 cm en amont des connexions et apportez-nous l’équipement.
Moi : OK, merci ! Bonne nuit !
Claro :  « Siempre a la orden! »

Ah, la Colombie ! C’est un apprentissage permanent !  :mrgreen:

Le tutoiement et le vouvoiement en Colombie

Les règles du tutoiement et du vouvoiement en Colombie ont toujours été un problème pour moi – parce qu’elles ne sont pas évidentes.

Mais bon, après y avoir vécu depuis 2010, je commence (seulement maintenant) à m’y habituer !

En fait, mon problème est exacerbé par le fait que j’ai vécu en France, puis durant 20 ans au Royaume-Uni…

En France, les règles sont simples : on utilise le tutoiement pour les personnes que l’on connait (famille et amis) et le vouvoiement pour les personnes que l’on ne connait pas.

De plus, le vouvoiement est également une forme de respect, même pour les personnes que l’on connait…

Au Royaume-Uni, les choses sont beaucoup plus simples : le tutoiement et le vouvoiement n’existent pas et l’on dit « you » à tout le monde (béni soit ce pays pour cette règle grammaticale !).

En Colombie, les choses se compliquent…

Au départ, les règles sont les mêmes qu’en France :

  • tutoiement pour les personnes que l’on connait (famille et amis)
  • vouvoiement pour les personnes que l’on ne connait pas

MAIS !

1. Il est courant de passer du vouvoiement au tutoiement durant le cours d’une seule conversation !

Par exemple, vous conduisez votre véhicule et un policier vous interpelle pour vous contrôler. Vous commencez la conversation avec lui en le vouvoyant (« Usted »). Ceci montre initialement votre respect envers lui (de plus, vous ne le connaissez pas).

Puis, durant la conversation, vous allez passer au tutoiement quelques minutes plus tard ! Ceci démontrera que :

a) Vous lui avez fait preuve de respect au début de la conversation
b) Mais bon, au final, il est temps de vous remettre sur un pied d’égalité par rapport à lui ! Vous lui avez montré votre respect au début de la conversation en le vouvoyant, mais il est maintenant temps de lui montrer que vous êtes plus ou moins égal à lui !

Ceci est valable pour toutes les situations. Si, un jour, vous avez l’occasion de rencontrer le président (de la République) Juan Manuel Santos et d’avoir une conversation avec lui, vous commencerez à le vouvoyer puis, durant la conversation, il sera parfaitement normal de passer au tutoiement. Il ne s’en offusquera certainement pas, car cela lui montrera que vous êtes à l’aise avec lui.

2. Le passage du tutoiement au vouvoiement est un véritable signal d’alarme !

Si vous tutoyez normalement une personne et que vous vous mettez à la vouvoyer, c’est normalement parce que vous êtes très fâché(e) avec elle !

Par exemple, votre fils vient de faire une grosse bêtise. Vous allez donc le vouvoyer pour lui montrer votre courroux. Et, de plus, vous n’allez plus utiliser son prénom pour lui montrer à quel point vous êtes courroucé !

Donc, au lieu de lui dire : « Pedro, ¿qué hiciste? » (Pedro, qu’as-tu fait ?), vous allez lui dire : « Señor, ¿qué hizo Usted? » (Monsieur, qu’avez-vous fait ?).

Je le répète, le passage du tutoiement au vouvoiement montre que vous êtes véritablement fâché avec cette personne !

La règle d’or en Colombie est donc de commencer à vouvoyer une personne que vous ne connaissez pas, puis de passer au tutoiement (soit durant la conversation soit lorsque vous la rencontrerez durant une prochaine occasion). Ceci montrera que vous vous sentez à l’aise avec elle.

Une pensée (et un geste) pour les « mendiants » de mon quartier à Barranquilla…

Voici une photo de la terrasse (avant) de ma maison à Barranquilla :

La terrasse à l'avant de ma maison à Barranquilla
La terrasse à l’avant de ma maison à Barranquilla

Entre les deux chaises, j’y ai placé  une assiette que je remplis quotidiennement de quelques poignées de croquettes pour chats :

Quelques poignées de croquettes pour les
Quelques poignées de croquettes pour les « mendiants » de mon quartier

Cette assiette est régulièrement visitée chaque nuit par de nombreux chats des rues de mon quartier, affamés et étiques, qui y puisent un peu de réconfort…

Ils la lèchent jusqu’à la dernière miette..

Cela ne doit pas être facile d’être un chat errant dans une grande ville (que ce soit en Colombie en ailleurs).

Si vous avez un balcon ou une terrasse dans votre maison/appartement colombien, puis-je vous suggérer que vous fassiez de même ?