Il y a des rencontres qui vous marquent (en Colombie)…

Au début du mois de janvier, et comme est mon habitude quotidienne, je suis allé au parc « Cisneros » qui se trouve tout près d’où j’habite à Barranquilla. Il s’agit d’un parc que la municipalité de Barranquilla a récemment rénové et que les familles peuvent maintenant visiter sans avoir peur de marcher sur des seringues usagées qui, auparavant, représentaient une menace constante dans ce parc.

J’étais donc assis sur un muret (qui sépare le parc de la rue principale) lorsque, à une centaine de mètres de moi, je vis un petit chien qui remontait la rue dans ma direction.

Sauf que ce n’était pas un chien mais, comme je m’en rendis rapidement compte, un tout petit chaton noir et blanc âgé de quelques mois qui, la queue en l’air, remontait fièrement cette rue pleine de dangers. J’ignorais d’où il venait et vers où il se dirigeait, mais il avait tellement sûr de lui !

Arrivé a l’endroit où j’étais assis, ce chaton s’arrêta, me regarda, puis grimpa sur mes genoux en se mettant à ronronner.

À ce stade de ce narratif, j’aimerais affirmer que je me rends parfaitement compte du fait que je ne suis pas responsable de tous les chats sauvages de Barranquilla… Même si j’aimerais leur offrir à tous un refuge dans ma maison, il m’est matériellement et financièrement impossible de le faire.

Sauf que, dans ce cas, et en dépit de tout mon bon sens, je ne pu pas résister. C’est comme s’il était un signe du destin que je ne pouvais pas ignorer.

Je le mis donc dans ma poche (!) et le ramenai chez moi.

Je vous présente donc Domi, un chat noir et blanc, la dernière addition à ma famille féline :

Domi, un autre rescapé des rues de Barranquilla
Domi, un autre rescapé des rues de Barranquilla

J’ignore toujours si je serai en mesure de le garder. Mais, à ce stade, je désire lui donner un bon départ dans la vie : le nourrir et m’assurer qu’il ne manquera de rien pour le moment.

C’est sans doute le chat le plus affectueux que j’ai jamais recueilli…

Et je ne regrette absolument rien ! Et, apparemment, lui non plus !

Nous savons faire la fête à Barranquilla !

Pour célébrer le 204ème anniversaire de Barranquilla, la municipalité avait organisé (sur 2 jours !) un grand bal populaire sur l’avenue 50 (une gigantesque piste de danse !) au son de dizaines de chanteurs et groupes musicaux nationaux et internationaux.

Comme vous pourrez le constatez, les habitants de la ville ont été au rendez-vous !

Nous savons faire la fête !
Nous savons faire la fête !

Interdiction de stationner !

D’une façon générale, les conducteurs costeños ne respectent pas le code de la route et la législation en vigueur.

Ils utilisent leur téléphone portable en conduisant, ils ne respectent pas les feux rouges, ils bloquent les intersections, ils n’utilisent pas leur clignotant et, bien évidemment, ils ignorent les panneaux de signalisation :

Sans commentaire !
Sans commentaire !

Ce n’est pas trop surprenant dans un pays où le permis de conduire s’achète plutôt que d’avoir à le passer…

Mais les costeños ont toujours fait preuve d’un je-m’en-foutisme inégalé en comparaison avec les autres régions de la Colombie.

Mon récent voyage à Bogotá

J’ai dû récemment me rendre à Bogotá depuis Barranquilla (où j’habite) pour effectuer moult démarches administratives dans la capitale. Voici donc les détails de mon voyage qui, je l’espère, vous seront utiles.

1) J’avais plusieurs démarches administratives à faire à Bogotá, donc l’idée était de m’organiser le plus tôt possible et de tout faire en une seule journée : partir tôt le matin de Barranquilla et revenir le soir-même de Bogotá.

2) Ma première priorité fut d’essayer d’obtenir un vol relativement bon marché. Les prix peuvent en effet varier du simple au sextuple (dans la même catégorie de classe). J’essayai moult comparateurs de vols dont les prix oscillaient entre $120.000 et $250.000 (vol aller ou retour simple).

C’est alors que je décidai d’aller sur le site officiel d’Avianca (la compagnie nationale colombienne) pour vérifier leurs prix. Et, quelle surprise, elle offrait des vols à $98.000 pour la date de mon choix !

Il faut en effet savoir que, sur chaque vol depuis Barranquilla (et depuis Bogotá pour le retour), Avianca offre 7 sièges à leur tarif « Super Promo Economy ». L’astuce est donc de pouvoir les réserver à temps. Ce n’est pas une question de les réserver longtemps avant votre départ, mais simplement d’être relativement flexible sur vos horaires de vols.

3) Je réservai donc une semaine à l’avance un départ à 7h15 et un retour à 20h05, ce qui me laisserait une journée entière à Bogotá. Prix : $98.000 x 2.

4) La beauté et l’avantage des taxis à Bogotá sont qu’ils fonctionnent avec un système de compteur. À Barranquilla, vous devez « négocier » le prix de votre course avec le conducteur – cela fait partie d’un jeu bien établi dans la culture de la ville, mais qui peut devenir pesant. Et, en moyenne, les taxis de Bogotá sont jusqu’à deux fois moins chers que ceux de Barranquilla.

5) Ayant réussi à terminer mes démarches administratives beaucoup plus tôt que prévu, je décidai donc de me rendre à l’aéroport d’El Dorado en début d’après-midi pour modifier mon billet de retour et retourner le plus rapidement possible à Barranquilla. C’est alors que les ennuis commencèrent…

6) En effet, au guichet d’Avianca dans l’aéroport, ils m’informèrent que je devrais payer une amende pour pouvoir changer mon billet et payer la différence de tarif (les billets « Super  Promo Economy » étant totalement épuisés). Coût total pour pouvoir changer mon billet ? $350.000 ! En plus des $98.000 que j’avais déjà payés pour ce retour… Ce que je refusai de faire, bien naturellement…

7) Mais c’est vrai que de passer 6 heures sur une chaise « tape-cul » dans l’aéroport ne me tentait pas trop… C’est alors que je me souvins que la plupart des compagnies aériennes avaient un Salon VIP néanmoins accessible aux pauvres hères comme moi moyennant rétribution… Avianca offrait-elle ce service ?

« Mais bien sûr Señor » fut la réponse ! Moyennant un paiement de US$25, j’obtins donc un pass pour pouvoir entrer dans ce Graal de tranquillité qu’est le Salon VIP des compagnies aériennes…

8) De l’enfer, je passai immédiatement au paradis ! Imaginez un salon avec une source inépuisable de sandwichs, de canapés et de gâteaux. Imaginez également une source inépuisable de whisky, gin, vodka, rhum (etc.) y compris de la bière à la pression ! Un endroit où vous pouvez également recharger votre portable… Tout ceci totalement gratuit, à volonté, et inclus dans votre billet d’entrée !

Et, cerise sur le gâteau, des écrans géants de TV où, en cet après-midi, j’ai pu suivre en direct la retransmission en direct du match de foot Colombie-Bolivie comptant pour la qualification de la prochaine Coupe de Monde – je vous laisse imaginer l’ambiance dans cette salle VIP – d’autant plus que la Colombie a (péniblement) gagné ! Ambiance assurée !

9) J’ai donc passé 6 heures dans ce Salon VIP en attendant mon vol retour. Et j’avoue ne trop pas me souvenir de ce vol retour…  :mrgreen:

Le « peto » : boisson emblématique de la région des Caraïbes de la Colombie

L’un des piliers emblématiques de la région des Caraïbes en Colombie est le « peto ». C’est une boisson chaude élaborée à partir de maïs moulu, de farine de blé, de lait, de sucre et de cannelle.

Les vendeurs ambulants sillonnent quotidiennement les villes et villages de la Côte sur leur tricycle (avec une énorme marmite devant) en s’annonçant avec leur klaxon à deux notes qui, si vous faites attention, reproduit assez fidèlement les sons « PÉ » (note aiguë) – « TO » (note basse).

Vendeurs de peto à Barranquilla.
Vendeurs de peto à Barranquilla.

Les costeños en sont très friands (comptez entre $600 et $1.000 la portion).

Voici comment il est élaboré (recette pour une énorme marmite !) :

1) Dans une grande marmite, faites cuire dans de l’eau pendant 6 heures  40 kilos de maïs blanc moulu finement  :

On commence avec 40 kilos de mais blanc moulu finement...
On commence avec 40 kilos de mais blanc moulu finement…

 

2) Retirez la plupart de l’eau de cuisson, puis ajoutez une vingtaine de bâtons de cannelle ainsi qu’une livre de sel pour équilibrer les saveurs :

On ajoute la cannelle...
On ajoute la cannelle…

 

3) Ajoutez maintenant 9 kilos de farine de blé :

Puis 9 kilos de farine de blé...
Puis 9 kilos de farine de blé…

 

4) Puis 18 kilos de sucre… :

Puis du sucre...
Puis du sucre…

 

5) Enfin, ajoutez 20 litres de lait pour donner de l’onctuosité ! :

Enfin, du lait pour donner de l'onctuosité.
Enfin, du lait pour donner de l’onctuosité.

Remuez-bien – c’est prêt !

C’est le Carnaval – profitons-en !

Saviez-vous que, 9 mois après le Carnaval de Barranquilla, les naissances augmentaient de plus de 20% dans la ville ?

Durant ces journées (et nuits !) de liesse, les couples colombiens continuent évidemment de faire la fête après le coucher du soleil !

Cette année, la municipalité de Barranquilla a donc décidé de distribuer gratuitement 200.000 préservatifs dans le vain espoir d’endiguer les résultats pourtant inéluctables et prévisibles de ces ébats amoureux nocturnes !

Rendez-vous au mois de novembre pour faire le point !  :mrgreen:

Prêts usuriers

Pour les nombreuses personnes qui n’ont pas accès au crédit bancaire (carte de crédit), il existe en Colombie un moyen très simple d’obtenir un prêt : par l’entremise de « cobradiario », des prêteurs usuriers qui vous demande un remboursement partiel et quotidien de votre dette sur un mois.

Le taux actuel est de 20% par mois. Donc, si vous empruntez $200.000 vous devrez rembourser $8.000 chaque jour sur un mois. Un messager vous visitera chaque jour (à votre lieu de travail ou bien chez vous) pour que vous le remboursiez.

Aucune garantie ne vous est généralement demandée. La seule garantie est votre vie. Si vous ne payez pas chaque jour, vous recevrez le plus souvent trois avertissements :

Le premier : « Paie »
Le second : « Paie fils de p*te »
Le troisième : « Tu es mort »

Et vous serez assassiné si vous ne remboursez pas cette dette. C’est la seule façon pour les prêteurs de s’assurer qu’ils seront pris au sérieux.

En Colombie, des centaines de milliers de personnes utilisent ces prêts usuriers dont la valeur est estimée à plus de 5 milliards de pesos chaque année.