Se cacher sur WhatsApp

WhatsApp est omniprésent en Colombie. Même les démarches officielles (médicales, juridiques, administratives, etc.) passent le plus souvent par ce biais.

Cependant, il y une chose qui m’irrite grandement :

Normalement, lorsque vous envoyez un message par WhatsApp, vous pouvez suivre la progression de votre message en fonctions des coches qui sont montrées tout en bas et à droite du message que vous avez envoyé. Voici leurs significations :

Explications des coches de vos messages WhatsApp
Explications des coches de vos messages WhatsApp

En règle générale, vous pouvez donc savoir si le destinataire a  bien reçu et également lu votre message.

Mais, les réglages de WhatsApp permettent aux destinataires de choisir de cacher ce fait. C’est-à-dire qu’ils liront votre message, mais le fait qu’ils l’auront lu sera caché pour vous, car les deux coches de votre message resteront de couleur grise (plutôt que de virer au bleu – confirmant que votre message a bien été lu).

Je ne comprends pas la logique derrière ce choix d’occulter le fait que votre message a bien été lu par le destinataire – car c’est son propre choix de cacher ce fait.

Pourquoi ? Dès l’instant où une personne donne sa permission à une autre personne de pouvoir communiquer avec elle par WhatsApp (en échangeant leurs numéros de téléphone), pourquoi cacher le fait que leurs messages ont bien été lus ? Que gagnent-ils en cachant le fait que ces messages ont été lus ?

J’avoue me méfier des personnes qui choisissent d’activer ce réglage, principalement parce que je ne comprends pas la logique derrière leur décision… 

Les antivax du Covid-19

En France, comme en Colombie et dans de nombreux pays du monde entier, il existe un noyau de personnes qui refusent de se faire vacciner contre le Covid-19. On les appelle les « antivax » et ils représentent à peu près 16% de la population française (soit une personne sur six).

Il est intéressant de constater que les antivax sont une population totalement hétéroclite qui refuse de se faire vacciner pour des raisons complètement différentes (et parfois contradictoires).

Une grande enquête sanitaire  menée par des chercheurs de l’Inserm et du CNRS sur 86.000 personnes (voir ici) a cependant montré que les antivax ont deux points en commun :

1) Ils font partie des basses classes de la hiérarchie sociale
2) Ils font partie des personnes qui ont reçu le moins d’éducation académique possible (collège, lycée, université).

Je ne porte pas jugement moral sur tout ceci – ce sont simplement des faits avérés que plusieurs enquêtes ont déjà montrés et démontrés.

De par ma propre expérience, ce groupe hétéroclite des antivax tombe dans plusieurs catégories :

1) Ceux qui croient que le Covid-19 n’existe pas. Ils pensent tout simplement que le Covid-19 est un complot élaboré au niveau international et que cette maladie est tout simplement une espèce de grippe sans importance. Selon eux, le Covid-19 a été inventé par les gouvernements afin d’enrichir les laboratoires pharmaceutiques multinationaux. La plupart de ces antivax croient également que la Nasa n’a jamais envoyé des hommes sur la lune en 1969… Et que les attentats du 11 septembre 2001 a New York n’ont jamais eu lieu…

Vous n’arriverez jamais à les convaincre…

2) Ceux qui croient que le Covid-19 existe, mais que le danger est grandement exagéré. Pour eux, le Covid-19 est une sorte de grippe sérieuse qui, de toute façon, n’affectent que les personnes âgées. Les gens jeunes (disons les moins de 40 ans selon leur propre baromètre) n’ont aucun danger à craindre.

Inutile de leur dire que près de 4,5 millions de personnes sont maintenant décédées de ce virus dans le monde entier. Ils vous répondront que c’était de toute façon des personnes âgées arrivées en fin de vie ou bien des personnes qui avaient de sérieux problèmes de santé.

3) Ceux qui croient que les vaccins ne marchent pas trop bien et peuvent être dangereux (ou bien donc plus dangereux que d’attraper le Covid-19). C’est particulièrement le cas de la plupart des femmes enceintes.

Cela ne sert strictement à rien de leur montrer les dernières statistiques médicales totalement acceptées au niveau international : À la fin du mois de juillet 2021,  4 personnes sur 5 hospitalisées n’étaient pas vaccinées et avait donc attrapées le Covid-19.

Oui, bien sûr, le fait d’être vacciné ne veut pas dire que vous ne pourrez jamais attraper le Covid-19. Mais, si vous avez la malchance de l’attraper, vous aurez alors 80% de chance de ne pas finir à l’hôpital

4) Ceux qui croient (ou non) au Covid-19 , mais pour qui leur propre liberté de décider est le plus important.

Ce sont apparemment les plus nombreux.

Ils veulent décider par eux-mêmes (de se faire vacciner ou non) et n’acceptent pas que le gouvernement puisse leur imposer cette vaccination. Et, pour eux, le pass-sanitaire maintenant obligatoire pour beaucoup de choses est alors devenu une atteinte à leur liberté fondamentale : le doit de décider pour eux-mêmes.

Pourquoi ces personnes ont-elles maintenant oublié que leur propre liberté s’arrête où commence celle des autres ?

Pourquoi ces personnes ont-elles oublié que certains vaccins ont toujours été obligatoires « Pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2018, aux vaccinations contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (rendues obligatoires respectivement en 1938, 1940 et 1964), ont été ajoutées des obligations de vaccination pour 8 autres maladies, portant à 11 le nombre des vaccins aujourd’hui obligatoires en France. »

Pourquoi ces personnes ont-elles oubliée qu’elles doivent obligatoirement s’arrêter à un feu rouge ? Ou bien obligatoirement porter leur ceinture de sécurité ?

Pourquoi ces personnes ont-elles oublié que ces mesures restrictives (j’en conviens – elles le sont) sont néanmoins pour le bien de tout le monde et non pas seulement pour elles ?

Pourquoi, étant une minorité, ces personnes devraient-elles nous imposer leur propre point de vue et risquer alors notre propre vie sans penser à nous ?

Pas/plus de vaccins Covid-19 en Colombie…

La Colombie ne fait pas partie des pays riches qui peuvent se permettre d’acheter tous les vaccins anti-Covid-19 directement auprès des laboratoires qui les produisent, même si certains laboratoires (comme AstraZeneca entre autres) les vendent actuellement (ça ne va pas durer !) au prix coutant de €2,50. À titre de comparaison, le prix plafond du vaccin de Pfizer est actuellement de $40 (€34).

La Colombie dépend donc en grande partie d’un mécanisme de donations de vaccins instauré par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) qui s’appelle COVAX. Plus d’informations sur le mécanisme du COVAX ici

En gros, l’OMS demande aux pays développés et aux laboratoires qui ont un surplus de vaccins de les donner charitablement (c’est-à-dire gratuitement) aux pays plus pauvres qui ne peuvent pas se permettre de les acheter.

Le problème est que, après un plutôt bon départ, les vaccins arrivent maintenant au compte-goutte. Les vaccins arrivent à Bogotá (la capitale de la Colombie) où le Ministère de la Santé les redistribue ensuite dans chacun des 32 départements de la Colombie (en fonction de leur population).

Chaque département colombien possède son propre Ministère de la Santé qui distribue ensuite les vaccins qu’il a reçus dans les municipalités du département.

Comme le but avoué du mécanisme COVAX est de fournir assez de vaccins pour seulement 20% de la population nationale de chaque pays, vous pouvez aisément vous imaginer/rendre compte qu’il n’y a pas assez de vaccins pour tout le monde…

À Barranquilla (où j’habite actuellement), 4ème ville de la Colombie, il n’y a maintenant plus de vaccins… Les personnes qui ont reçu leur première dose au mois de juillet ne peuvent pas maintenant recevoir leur seconde dose… Et les rares personnes qui peuvent recevoir leur première dose en ce mois d’août sont maintenant prévenues que leur seconde dose n’est prévue qu’au mois de novembre…

Le problème est exacerbé de par le fait que le Ministère de la Santé colombien a maintenant permis/ouvert la vaccination à toute personne âgée de plus de 12 ans. Et, heureusement, ces adolescents sont très nombreux à vouloir se faire vacciner ! Mais leur enthousiasme (qu’on ne peut pas leur reprocher) exacerbe la pénurie de vaccins.

Le problème persiste… J’ai cependant confiance que, alors que de moins en moins de personnes dans les pays riches désirent se faire vacciner (e.g. les États-Unis actuellement), il y aura alors plus de vaccins disponibles sous le mécanisme COVAX dont la Colombie pourra alors bénéficier.

Us & coutumes de comment utiliser un téléphone en Colombie

Ce que j’écris maintenant est basé sur mes observations de plus de 10 ans vivant sur la côte nord de la Colombie (La Costa). J’ignore si la même chose se passe à l’intérieur de la Colombie…

En France, lorsque vous appelez quelqu’un et qu’il ne répond pas, vous tombez le plus souvent sur sa messagerie automatique et vous laissez alors un message. Idem lorsque quelqu’un vous appelle – il laisse un message sur votre propre répondeur.

Pas en Colombie ! Le répondeur automatique n’est hélas pas encore entré dans les mœurs !

Donc, si quelqu’un vous appelle et que vous ne répondez pas, il raccrochera purement et simplement sans laisser de message.

De la même manière, si vous appelez quelqu’un et qu’il ne répond pas, cela ne servira strictement à rien de lui laisser un message sur son répondeur, car il ne l’écoutera pas…

Un autre point important : Vous appelez quelqu’un et il ne répond pas ? Persistez !!! Rappelez, et rappelez. Au moins 3 fois – sinon plus ! La plupart des colombiens ne répondent jamais lors d’un premier appel. Mais, si vous persistez à les appeler, ils se rendent alors compte que c’est important et ils répondront – vous serez surpris par la pertinence de ce conseil !

De la même façon, si vous ne répondez pas, ne vous étonnez-pas d’avoir ensuite une dizaine d’appels perdus qui auront tous été passés en moins de 2 minutes ! Par la même personne ! 

Il faut également savoir que WhatsApp règne suprême… Je ne connais pas une personne qui ne l’utilise pas… Sans doute parce que les appels téléphoniques sont gratuits lorsque vous l’utilisez.

La plupart de mes démarches administratives et médicales passent maintenant toutes par WhatsApp. La Côte serait totalement paralysée sans WhatsApp…

Mesures en Colombie

En France, nous utilisons le système métrique pour établir/comprendre les mesures de distances, de poids et de liquides, et nous l’adorons pour sa simplicité.

Pas en Colombie (du moins, pas toujours !). De par sa géolocalisation, la Colombie utilise également le système US des mesures. Et elle les mélange allégrement avec le système métrique…

Essayons d’y voir plus clair !

1) Pour les distances, c’est clairement le système métrique qui est toujours utilisé (kilomètres plutôt que miles).

2) Pour les poids, c’est un mélange :

Pour la vente au détail dans les marchés/supermarchés/boutiques/etc., c’est la livre de 500 grammes (et le kilo) qui sont toujours utilisés. Par contre, pour la vente de produits déjà préemballés, cela varie : la farine (par exemple) arrive par livre de 500 grammes, mais la confiture (et moult autres produits) arrive le plus souvent par livre de 450 grammes. Il vous appartient donc de  vérifier le poids que vous achetez.

3) Pour les liquides, c’est du chacun pour soi !

L’essence est vendue par unité de gallon américain (3,78541 litres). Les jus de fruits colombiens sont vendus par litre, mais ceux qui sont importés sont vendus par « quart » (946,353 ml). L’huile et le lait sont le plus souvent vendus par unités (bouteilles/sachets) de 900 millilitres (soit un peu moins d’un litre).

Pour compliquer les choses, un fournisseur de lait se démarque actuellement en offrant un « litrón » (un gros litre) de 1.100 ml de lait !

Un "gros" litre de lait !
Un “gros” litre de lait !

Heureusement, vous pouvez naviguer ce labyrinthe des mesures/prix en vérifiant toujours le prix par unité (c’est-à-dire par gramme ou par millilitre) de chaque produit. La loi colombienne oblige en effet les magasins à la mentionner sur chaque étiquette et cette loi est plutôt respectée.

Covid-19 en Colombie : Éviter les jeunes comme la peste…

Je ne comprends pas pourquoi les gens ne saisissent toujours pas comment le vaccin anti covid-19 fonctionne (et également les autres vaccins).

Le fait d’être vacciné contre le covid-19 ne vous empêchera pas de pouvoir l’attraper. Mais, étant vacciné (idéalement avec 2 doses), vos anticorps seront à un tel niveau que vous vous n’apercevrez pas que vous l’aurez attrapé (mais vous pourrez toujours le transmettre auprès de vos proches pendant quelques jours, car vous serez toujours dans la phase de contagion).

Le vaccin Pfizer (pour n’en mentionner qu’un) est efficace à 95%. Que se passe-t-il pour les 5% restants ? Et bien, vous serez toujours protégé mais, dans ce cas, vous aurez seulement de légers symptômes. La vaccination vous empêchera de développer les symptômes les plus graves et vous évitera en principe de finir entubé dans une salle de réanimation.

Pour les personnes comme moi qui ont reçu en Colombie leurs deux doses de vaccins, l’immense risque reste toujours les jeunes (disons les moins de 30 ans) qui ne l’ont toujours pas reçu.

Il est avéré que ce segment des jeunes est beaucoup plus résistant au covid-19 que la population âgée. Ils peuvent l’attraper mais ne développeront pas de symptômes. Mais ils seront toujours contagieux et pourront vous contaminer sans le savoir. Et il est triste de constater que, en Colombie du moins, la majorité de ces jeunes ne respectent aucune mesure bio-sanitaire (port du masque, distanciation sociale, etc.).

Pour moi, et désolé d’apparaitre comme un « vieux con » réactionnaire, ces jeunes actuels sont devenus les ennemis publics numéro un que je me dois d’éviter comme la peste- et je m’efforce de le faire au quotidien.

Nous traversons une pandémie inédite, pour ne pas dire inconnue, et il est de notre devoir de nous protéger et même de nous « surprotéger ».

Les vaccins arrivent à dos de mule !

Les vaccins arrivent à dos de mule !

Les indiens de la Sierra Nevada doivent également être vaccinés contre le covid-19.

Il est rassurant de constater que les infirmières ne ménagent pas leurs efforts pour atteindre ces populations éloignées et, comme il n’existe que des chemins montagneux, elles n’hésitent pas à voyager à dos de mule avec leur équipement !

 

Les vaccins arrivent à dos de mule !
Les vaccins arrivent à dos de mule !