Covid-19 en Colombie : Éviter les jeunes comme la peste…

Je ne comprends pas pourquoi les gens ne saisissent toujours pas comment le vaccin anti covid-19 fonctionne (et également les autres vaccins).

Le fait d’être vacciné contre le covid-19 ne vous empêchera pas de pouvoir l’attraper. Mais, étant vacciné (idéalement avec 2 doses), vos anticorps seront à un tel niveau que vous vous n’apercevrez pas que vous l’aurez attrapé (mais vous pourrez toujours le transmettre auprès de vos proches pendant quelques jours, car vous serez toujours dans la phase de contagion).

Le vaccin Pfizer (pour n’en mentionner qu’un) est efficace à 95%. Que se passe-t-il pour les 5% restants ? Et bien, vous serez toujours protégé mais, dans ce cas, vous aurez seulement de légers symptômes. La vaccination vous empêchera de développer les symptômes les plus graves et vous évitera en principe de finir entubé dans une salle de réanimation.

Pour les personnes comme moi qui ont reçu en Colombie leurs deux doses de vaccins, l’immense risque reste toujours les jeunes (disons les moins de 30 ans) qui ne l’ont toujours pas reçu.

Il est avéré que ce segment des jeunes est beaucoup plus résistant au covid-19 que la population âgée. Ils peuvent l’attraper mais ne développeront pas de symptômes. Mais ils seront toujours contagieux et pourront vous contaminer sans le savoir. Et il est triste de constater que, en Colombie du moins, la majorité de ces jeunes ne respectent aucune mesure bio-sanitaire (port du masque, distanciation sociale, etc.).

Pour moi, et désolé d’apparaitre comme un « vieux con » réactionnaire, ces jeunes actuels sont devenus les ennemis publics numéro un que je me dois d’éviter comme la peste- et je m’efforce de le faire au quotidien.

Nous traversons une pandémie inédite, pour ne pas dire inconnue, et il est de notre devoir de nous protéger et même de nous « surprotéger ».

Les vaccins arrivent à dos de mule !

Les vaccins arrivent à dos de mule !

Les indiens de la Sierra Nevada doivent également être vaccinés contre le covid-19.

Il est rassurant de constater que les infirmières ne ménagent pas leurs efforts pour atteindre ces populations éloignées et, comme il n’existe que des chemins montagneux, elles n’hésitent pas à voyager à dos de mule avec leur équipement !

 

Les vaccins arrivent à dos de mule !
Les vaccins arrivent à dos de mule !

 

 

Il pleut, amène les ordures ! (2)

J’ai déjà écrit (ici) ce qui se passe lorsqu’il pleut à Barranquilla. 

Les eaux de pluie dévalent les rues de la ville et les riverains en profitent pour se débarrasser de tous leurs déchets !  Ils jettent dans ces torrents leurs vieux matelas, leurs vieux canapés, des pneus crevés, leurs vieux frigos,  des vieilles motocyclettes… En fait, tous leurs déchets domestiques y compris les ordures ménagères.

Ces torrents d’eau finissent en général dans des immenses canalisations à ciel ouvert qui, à leurs extrémités, ont des grilles pour empêcher tous ces déchets de se déverser dans le fleuve Magdalena et de finir ainsi dans la mer des Caraïbes.

Nous approchons de la première saison des pluies et, il y a quelques jours, nous avons eu à Barranquilla plusieurs heures de pluie nourrie.

Bien naturellement, les habitants de la ville en ont immédiatement profité pour jeter tous leurs déchets/ordures dans les torrents. Heureusement, les grilles des canalisations ont pu jouer leur rôle… Mais à quel prix? Jugez-en vous-mêmes :

Déchets et ordures ménagères
Déchets et ordures ménagères

En un seul jour, la municipalité de Barranquilla a dû déblayer et enlever plus de 5.000 tonnes de déchets et d’ordures ménagères qui avaient été bloqués par les grilles de la canalisation d’un seul torrent ! Impressionnant, non ?

 

Coupures, encore des coupures et toujours des coupures…

Les pays du monde sont classés en trois catégories par l’ONU :

– Les pays développés
– Les pays en développement
– Les pays moins avancés

La Colombie entre clairement dans la catégorie des pays en développement…

Vivant maintenant depuis plus de 10 ans en Colombie, je me suis toujours efforcé de ne pas tomber dans le piège de comparer la France avec la Colombie. Chaque pays offre des choses différentes et, au final, c’est moi qui ai accepté de vivre en Colombie. Je dois donc accepter à 110% ce que la Colombie est en mesure de m’offrir. Et si je ne suis pas content/satisfait, libre à moi de revenir en France à tout moment !

Après tout, la Colombie m’a sauvé la vie et je ne vais pas me plaindre !

Mais que ce constat ne m’empêche pas d’avoir de temps en temps des « coups de gueules » de frustration ! Cela m’aide grandement à faire baisser ma pression artérielle…

Je vis à Barranquilla, tout au nord de la Colombie, et il ne se passe pas une semaine sans que nous subissions des coupures…

Coupures d’électricité, coupures d’eau ou bien coupures d’internet.

Les coupures d’eau sont fréquentes et, heureusement, la plupart sont programmées d’avance et ne durent qu’un seul jour… Il faut tout simplement être au courant (en écoutant la radio ou en lisant le journal local), remplir à l’avance de nombreux seaux et récipients afin de pouvoir les utiliser pour les WC, et plus important encore pour moi, pour pouvoir préparer mon café quotidien…

Les coupures d’internet sont également fréquentes. Le plus souvent, c’est parce que mon fournisseur est en train « d’améliorer le réseau »… Donc, pas d’internet veut dire aucun moyen d’envoyer des courriels, aucun moyen de regarder la télévision et aucun moyen d’utiliser mon téléphone fixe (qui est basé sur l’internet).

Les coupures d’électricité sont les pires (elles affectent également mon internet, mon frigo, la facilité de recharger mon téléphone portable et, bien sûr, ma climatisation).

Le plus souvent, elles commencent par une énorme explosion dans mon quartier – encore un disjoncteur local qui a sauté ! Les problèmes mineurs sont normalement réglés entre 1 et 4 heures. Les problèmes majeurs peuvent prendre plusieurs jours.

Je sais bien que je dois m’habituer à toutes ces coupures mais, croyez-moi, cela devient rapidement frustrant !

Alcools de contrefaçon en Colombie

Barranquilla (où je vis sur la côte Nord de la Colombie) possède de nombreuses distilleries clandestines. On y fabrique allègrement du whisky, de la vodka, du rhum, de l’aguardiente (« l’eau de feu » colombienne) et moult autres alcools.

Il y a quelques jours, la police vient de démanteler une de ces distilleries. Elle y a trouvé et confisqué 31.000 bouteilles (remplies et prêtes à être distribuées), 6 cuves métalliques de 1.000 litres chacune, 10.000 bouchons, 4.000 étiquettes et sceaux « légaux », plus une dizaine d’autres machines individuelles permettant ce trafic (source : La Police démantèle un réseau d’alcool de contrefaçon).

En Colombie, si vous désirez acheter de l’alcool, vous avez le choix entre deux sources :

1) L’acheter dans des l’un de ces centres que l’on appelle « San Andresito » – chaque ville en possède au moins un. Il faut savoir que, dans ces centres, la plus grande partie des marchandises vendues sont totalement illégales. Il s’agit la plupart du temps de marchandises qui sont entrées illégalement en Colombie – sans avoir eu à payer de frais de douane ou de TVA. C’est pour cela que ces marchandises sont tellement bon marché et que beaucoup de personnes en profitent.

En ce qui concerne les alcools fabriqués « localement » il vous appartient alors d’en connaitre plus ou moins la provenance. Si ces alcools ont été fabriqués à partir d’alcool de bois (méthanol) qui est très bon marché, vous risquez de sérieux problèmes de santé (jusqu’à la mort), car la consommation de cet alcool est hautement toxique.

Si ces alcools ont été fabriqués à partir d’éthanol (qui est plus cher), alors vous ne risquez rien.

À vous donc de vérifier vos sources d’approvisionnements…

En Colombie, chaque bouteille d’alcool vendue doit avoir un sceau fiscal sur chaque bouchon (comme en France). C’est ce que l’on appelle « l’estampilla ».

En Colombie, ce sceau ressemble à ceci :

Estampillla
Estampilla

2) Donc peut-être avez-vous maintenant décidé d’acheter votre alcool dans des sources sures telles que les supermarchés nationaux ?

Hélas, ce n’est pas non plus une garantie de provenance…

En effet, la Police de Barranquilla a récemment vérifié l’authenticité de l’alcool vendu dans la chaine nationale de supermarchés Éxito – l’une des chaines normalement les plus fiables de Colombie. Il s’est avéré que la plupart des alcools vendus dans ces supermarchés étaient des contrefaçons…

Comme je l’ai toujours affirmé. on ne changera pas rapidement la Colombie et ses us et coutumes…

Au revoir la Colombie !

Au revoir la Colombie ! Pour moi, il est maintenant temps de quitter ce merveilleux pays !

Au revoir la Colombie !

Je me suis installé en Colombie en décembre 2010 (après plusieurs visites préalables dans le pays) après m’être marié à Colombienne (rencontrée sur un site) qui n’a jamais pu venir en France, car le père de son enfant (mineur à l’époque) n’a jamais voulu signer la permission de sortie du territoire pour son fils – je ne peux que spéculer sur ce qui serait arrivé si nous avions pu nous installer en France…

La relation n’a hélas pas marché (différences de cultures, différences de personnalités, différences d’attentes, etc.) et, après une séparation en 2015, cette relation est en train de se terminer par un divorce contentieux (je suis en plein les démarches administratives – car j’ai décidé de me divorcer en Colombie et non pas en France).

La Colombie m’a donc accueilli pendant plus de 10 ans et il est maintenant temps de tourner la page et de me concentrer sur mon avenir. Ce dernier passe maintenant par un retour en France.

Pourquoi ?

Même si j’adore ce pays (voir les raisons ci-dessous), ce ne sera jamais mon pays.  Même si j’ai totalement maitrisé sa langue et même si je comprends parfaitement sa différente culture, j’y serai toujours un étranger et un invité – donc quelqu’un de différent. Je pense sincèrement qu’on ne sent jamais mieux à l’aise que dans son propre pays.

C’est donc maintenant l’heure du bilan – bilan que j’aimerais partager avec vous. Peut-être en apprendrez-vous quelque chose !

1) Je vais commencer avec les choses qui ne m’ont pas plu en Colombie (sans ordre particulier) :

La corruption. Bien sûr, la corruption existe également en France, mais j’aime à penser qu’elle est plus discrète et moins visible qu’ici. En Colombie, la corruption est endémique. Elle fait partie de la vie quotidienne.

Les juges sont corrompus, les policiers sont corrompus et les dirigeants sont généralement corrompus.

En Colombie, presque tout se règle avec de l’argent.

Le gouvernement central envoie de l’argent pour construire des écoles, des hôpitaux, des routes, etc. Cet argent disparait mystérieusement une fois reçu dans les régions…

Vous conduisez trop vite et vous êtes arrêté par la police ? Un billet de $20.0000 vous permettra de résoudre le problème…

La corruption est présente à tous les niveaux de la société…

La vie n’a que peu de valeur. En Colombie, la pauvreté est telle que l’on peut vous tuer rien que pour vous voler vos chaussures – je n’exagère pas !

Vous décidez de mettre un contrat sur quelqu’un ? Vous trouverez une personne pour le faire pour moins de 100 euros…

Les colombiens sont égoïstes.   D’après la citation de John Stuart Mill :
« La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres ».

Les colombiens se fichent royalement de votre liberté et de vos droits (problème exacerbé dans la région du Nord de la Colombie où je vis – de par la culture de ses habitants).

Le tapage diurne et nocturne est omniprésent.  Cela peut paraitre un détail pour nombre d’entre vous, mais je n’aurais jamais survécu ici sans l’utilisation de Boules Quies.

Le passage des saisons. La Colombie est traversée par l’Équateur et il n’y pas véritablement de saison dans le pays. C’est un détail, mais c’est quelque chose que je regrette de la France :

Le changement des saisons, la disponibilité des aliments saisonniers, la vie quotidienne basée sur la météo…  

2) Voici maintenant les choses qui m’ont plu en Colombie (une fois de plus sans ordre particulier) :

Les médecins colombiens m’ont sauvé la vie. J’ai déjà donné tous les détails dans ce billet. J’ai donc une dette incroyable envers eux.

Le climat est clément et surprenant. Sur la Côte des Caraïbes, nous n’avons seulement que deux courtes saisons des pluies et le climat toute l’année est vraiment très avenant.

Ayant vécu en France plusieurs années sous le climat de l’Auvergne, j’ai vraiment apprécié cette douceur climatique permanente. C’est quelque chose que je regretterai de retour en France.

Les colombiens sont accueillants et amicaux. D’une manière générale, surtout sur la Côte des Caraïbes, les colombiens ont toujours étés des gens amicaux, curieux et très généreux.

Au fil de mes 10 ans de résidence dans le pays, j’ai rencontré des gens très intéressants qui sont devenus de véritables amis avec lesquels je compte bien garder le contact.

Je vais donc partir de la Colombie avec certes beaucoup de regrets, mais tout en sachant que mon séjour dans ce pays a été une expérience enrichissante et unique. J’y ai beaucoup appris.

J’espère y retourner un jour, d’autant plus que j’ai maintenant commencé une nouvelle relation avec une autre colombienne (je sais, je sais…). Ce sera elle qui, je l’espère, m’accompagnera en France cette fois-ci ! Je reviendrai également en France avec les chats colombiens qui m’ont adopté au fil des années et qui font maintenant partie de ma vie et que je n’abandonnerai jamais !

Comment les médecins colombiens m’ont sauvé la vie

Vivant en Colombie depuis 2010, j’ai naturellement souscrit à une assurance médicale colombienne.

Je n’en n’ai jamais eu vraiment besoin jusqu’en 2019 lorsque ma santé a commencé à se détériorer…

Après moult examens, tests, radios, scans plus ou moins compliqués (mais toujours totalement gratuits), les médecins colombiens ont identifié que j’avais mes artères coronariennes bouchées.

Le cœur envoie du sang oxygéné aux autres organes de notre corps mais, étant lui-même un muscle, il a également besoin de recevoir du sang. Il reçoit ce sang par l’intermédiaire des artères coronariennes qui se trouvent physiquement dessus le cœur.

Lorsque ces artères se bouchent (normalement à cause d’un mélange de sel et de graisse), on essaie alors de les « déboucher » en insérant une sonde (avec un petit ballon gonflable) dans votre poignet puis on l’envoie jusqu’à vos artères coronariennes pour essayer de les « déboucher ». Cela d’appelle une angioplastie.

Dan mon cas, l’angioplastie n’a pas marché car mes artères étaient trop bouchées.

Unique autre solution alternative : un pontage coronarien. Cela veut dire qu’un chirurgien va enlever les artères coronariennes bloquées, puis les remplacer par d’autres vaisseaux sanguins prélevés sur une autre partie de votre corps (normalement dans votre jambe).

Le chirurgien qui allait m’opérer m’a annoncé d’emblée la donne :

1) S’il ne m’opérait pas, mon espérance de vie était de 5 ans.
2) s’il m’opérait, j’avais une probabilité de 7% de ne pas me réveiller. En contrepartie, mon espérance de vie serait augmentée d’un minimum de 15 ans.

Le choix fut facile (du moins pour moi).

Les détails de l’opération sont véritablement atroces :

1) Après une anesthésie générale, le chirurgien ouvre la cage thoracique avec une scie électrique.
2) Il écarte les côtes, retire le cœur, puis le remplace par une pompe.
3) Il retire les artères coronariennes bouchées sur le cœur.
4) Il extirpe une veine de votre jambe.
5) Il coupe cette veine en plusieurs morceaux et les greffe sur votre cœur. Ces morceaux de veine deviennent alors vos nouvelles artères coronariennes.
6) Il enlève la pompe, remet votre cœur en place, puis le redémarre.

Dans mon cas, j’ai eu droit à un quadruple pontage (4 artères remplacées).

L’opération a pris 7 heures et demie et les deux chirurgiens ont eu besoin de 10 poches de sang et de 5 poches de sérum durant l’opération.

Ce n’est seulement après l’opération qu’ils m’ont dit qu’ils avaient failli jeter l’éponge : j’avais en effet une hémorragie qui ne s’arrêtait pas et ils ont persisté pendant plus de 3 heures afin de l’endiguer. Ils ont eu la patience de le faire.

Les médecins colombiens m’ont sauvé la vie. J’ai envers eux, et envers la Colombie, une dette que je ne pourrai jamais repayer.