Au revoir la Colombie !

Au revoir la Colombie ! Pour moi, il est maintenant temps de quitter ce merveilleux pays !

Au revoir la Colombie !

Je me suis installé en Colombie en décembre 2010 (après plusieurs visites préalables dans le pays) après m’être marié à Colombienne (rencontrée sur un site) qui n’a jamais pu venir en France, car le père de son enfant (mineur à l’époque) n’a jamais voulu signer la permission de sortie du territoire pour son fils – je ne peux que spéculer sur ce qui serait arrivé si nous avions pu nous installer en France…

La relation n’a hélas pas marché (différences de cultures, différences de personnalités, différences d’attentes, etc.) et, après une séparation en 2015, cette relation est en train de se terminer par un divorce contentieux (je suis en plein les démarches administratives – car j’ai décidé de me divorcer en Colombie et non pas en France).

La Colombie m’a donc accueilli pendant plus de 10 ans et il est maintenant temps de tourner la page et de me concentrer sur mon avenir. Ce dernier passe maintenant par un retour en France.

Pourquoi ?

Même si j’adore ce pays (voir les raisons ci-dessous), ce ne sera jamais mon pays.  Même si j’ai totalement maitrisé sa langue et même si je comprends parfaitement sa différente culture, j’y serai toujours un étranger et un invité – donc quelqu’un de différent. Je pense sincèrement qu’on ne sent jamais mieux à l’aise que dans son propre pays.

C’est donc maintenant l’heure du bilan – bilan que j’aimerais partager avec vous. Peut-être en apprendrez-vous quelque chose !

1) Je vais commencer avec les choses qui ne m’ont pas plu en Colombie (sans ordre particulier) :

La corruption. Bien sûr, la corruption existe également en France, mais j’aime à penser qu’elle est plus discrète et moins visible qu’ici. En Colombie, la corruption est endémique. Elle fait partie de la vie quotidienne.

Les juges sont corrompus, les policiers sont corrompus et les dirigeants sont généralement corrompus.

En Colombie, presque tout se règle avec de l’argent.

Le gouvernement central envoie de l’argent pour construire des écoles, des hôpitaux, des routes, etc. Cet argent disparait mystérieusement une fois reçu dans les régions…

Vous conduisez trop vite et vous êtes arrêté par la police ? Un billet de $20.0000 vous permettra de résoudre le problème…

La corruption est présente à tous les niveaux de la société…

La vie n’a que peu de valeur. En Colombie, la pauvreté est telle que l’on peut vous tuer rien que pour vous voler vos chaussures – je n’exagère pas !

Vous décidez de mettre un contrat sur quelqu’un ? Vous trouverez une personne pour le faire pour moins de 100 euros…

Les colombiens sont égoïstes.   D’après la citation de John Stuart Mill :
« La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres ».

Les colombiens se fichent royalement de votre liberté et de vos droits (problème exacerbé dans la région du Nord de la Colombie où je vis – de par la culture de ses habitants).

Le tapage diurne et nocturne est omniprésent.  Cela peut paraitre un détail pour nombre d’entre vous, mais je n’aurais jamais survécu ici sans l’utilisation de Boules Quies.

Le passage des saisons. La Colombie est traversée par l’Équateur et il n’y pas véritablement de saison dans le pays. C’est un détail, mais c’est quelque chose que je regrette de la France :

Le changement des saisons, la disponibilité des aliments saisonniers, la vie quotidienne basée sur la météo…  

2) Voici maintenant les choses qui m’ont plu en Colombie (une fois de plus sans ordre particulier) :

Les médecins colombiens m’ont sauvé la vie. J’ai déjà donné tous les détails dans ce billet. J’ai donc une dette incroyable envers eux.

Le climat est clément et surprenant. Sur la Côte des Caraïbes, nous n’avons seulement que deux courtes saisons des pluies et le climat toute l’année est vraiment très avenant.

Ayant vécu en France plusieurs années sous le climat de l’Auvergne, j’ai vraiment apprécié cette douceur climatique permanente. C’est quelque chose que je regretterai de retour en France.

Les colombiens sont accueillants et amicaux. D’une manière générale, surtout sur la Côte des Caraïbes, les colombiens ont toujours étés des gens amicaux, curieux et très généreux.

Au fil de mes 10 ans de résidence dans le pays, j’ai rencontré des gens très intéressants qui sont devenus de véritables amis avec lesquels je compte bien garder le contact.

Je vais donc partir de la Colombie avec certes beaucoup de regrets, mais tout en sachant que mon séjour dans ce pays a été une expérience enrichissante et unique. J’y ai beaucoup appris.

J’espère y retourner un jour, d’autant plus que j’ai maintenant commencé une nouvelle relation avec une autre colombienne (je sais, je sais…). Ce sera elle qui, je l’espère, m’accompagnera en France cette fois-ci ! Je reviendrai également en France avec les chats colombiens qui m’ont adopté au fil des années et qui font maintenant partie de ma vie et que je n’abandonnerai jamais !

Comment les médecins colombiens m’ont sauvé la vie

Vivant en Colombie depuis 2010, j’ai naturellement souscrit à une assurance médicale colombienne.

Je n’en n’ai jamais eu vraiment besoin jusqu’en 2019 lorsque ma santé a commencé à se détériorer…

Après moult examens, tests, radios, scans plus ou moins compliqués (mais toujours totalement gratuits), les médecins colombiens ont identifié que j’avais mes artères coronariennes bouchées.

Le cœur envoie du sang oxygéné aux autres organes de notre corps mais, étant lui-même un muscle, il a également besoin de recevoir du sang. Il reçoit ce sang par l’intermédiaire des artères coronariennes qui se trouvent physiquement dessus le cœur.

Lorsque ces artères se bouchent (normalement à cause d’un mélange de sel et de graisse), on essaie alors de les « déboucher » en insérant une sonde (avec un petit ballon gonflable) dans votre poignet puis on l’envoie jusqu’à vos artères coronariennes pour essayer de les « déboucher ». Cela d’appelle une angioplastie.

Dan mon cas, l’angioplastie n’a pas marché car mes artères étaient trop bouchées.

Unique autre solution alternative : un pontage coronarien. Cela veut dire qu’un chirurgien va enlever les artères coronariennes bloquées, puis les remplacer par d’autres vaisseaux sanguins prélevés sur une autre partie de votre corps (normalement dans votre jambe).

Le chirurgien qui allait m’opérer m’a annoncé d’emblée la donne :

1) S’il ne m’opérait pas, mon espérance de vie était de 5 ans.
2) s’il m’opérait, j’avais une probabilité de 7% de ne pas me réveiller. En contrepartie, mon espérance de vie serait augmentée d’un minimum de 15 ans.

Le choix fut facile (du moins pour moi).

Les détails de l’opération sont véritablement atroces :

1) Après une anesthésie générale, le chirurgien ouvre la cage thoracique avec une scie électrique.
2) Il écarte les côtes, retire le cœur, puis le remplace par une pompe.
3) Il retire les artères coronariennes bouchées sur le cœur.
4) Il extirpe une veine de votre jambe.
5) Il coupe cette veine en plusieurs morceaux et les greffe sur votre cœur. Ces morceaux de veine deviennent alors vos nouvelles artères coronariennes.
6) Il enlève la pompe, remet votre cœur en place, puis le redémarre.

Dans mon cas, j’ai eu droit à un quadruple pontage (4 artères remplacées).

L’opération a pris 7 heures et demie et les deux chirurgiens ont eu besoin de 10 poches de sang et de 5 poches de sérum durant l’opération.

Ce n’est seulement après l’opération qu’ils m’ont dit qu’ils avaient failli jeter l’éponge : j’avais en effet une hémorragie qui ne s’arrêtait pas et ils ont persisté pendant plus de 3 heures afin de l’endiguer. Ils ont eu la patience de le faire.

Les médecins colombiens m’ont sauvé la vie. J’ai envers eux, et envers la Colombie, une dette que je ne pourrai jamais repayer.

Covid-19 dans le monde et en Colombie (14)

2020 restera pour tout le monde l’année de la pandémie du Covid-19. Voici le point dans le monde et en Colombie.

Chaque fin d’année est traditionnellement le moment où l’on fait le point sur l’année qui va se terminer.

2020 restera pour tout le monde l’année de la pandémie du Covid-19. Ce fléau a véritablement changé nos vies. Pour nombreux d’entre nous, il a été synonyme d’un changement radical dans nos comportements. Les nombreuses mesures restrictives qui ont été prises ont souvent engendrées des pertes de revenus, des angoisses permanentes, des interrogations sans réponse, des séparations imposées, des restrictions de nos libertés individuelles, et j’en passe !

L’épidémie a également produit de nombreux effets insidieux et néfastes dont les effets ne se feront sentir qu’à plus courts ou loin termes :

La fermeture de nombreux centres médicaux a eu comme conséquence directe l’augmentation de beaucoup de cas de cancer (et d’autres maladies) qui n’ont pas pu pas être détectés ou bien traités. Les mesures obligatoires de confinement ont empêché les gens de faire de l’exercice et les cas de surpoids et d’obésité ont explosé.

Les effets psychologiques sont également nombreux – et durs à quantifier. Beaucoup de couples (mariés ou non) n’ont pas pu résister à devoir vivre ensemble 24h/24h 7j/7j : aucune possibilité de « prendre une bouffée d’air », d’aller au restaurant, de quitter temporairement les quatre murs de son foyer, et/ou de pouvoir se séparer pendant quelques heures afin de pouvoir mieux se retrouver. Apparemment, les demandes de divorces depuis le mois de juillet 2020 ont plus que doublé.

Les violences conjugales dues au stress du confinement forcé, des pertes d’emplois, etc. ont également explosé.

Et, au final, en dépit des nombreux experts qui pensaient avoir les réponses, il reste toujours de très nombreuses réponses sans réponse. La plus importante est bien sûr : « L’arrivée des vaccins parviendra-t-elle à endiguer l’épidémie ? ». Personne n´a la réponse…

S’agit-il d’une maladie qui, à l’instar de la variole ou de la poliomyélite, peuvent être totalement éradiquées ? Ou bien le covid-19 est-il une maladie saisonnière comme la grippe qui reviendra régulièrement et dont il faudra se protéger chaque année ?

Alors, quel est le bilan en Colombie ?

Heureusement, nous avons eu une réponse sérieuse à l’épidémie de la part du gouvernement colombien (à l’encontre de certains pays comme le Brésil ou les USA dont les dirigeants irresponsables considérèrent la maladie comme « une petite grippe sans conséquence ».

À titre de comparaison (au 25 décembre 2020) :

Covid-19
Covid-19

Source : https://www.worldometers.info/coronavirus/#countries

La Colombie a déjà acquis 40 millions de doses de vaccins (10 millions de AstraZeneca, 10 millions de Pfizer et 20 millions sous le mécanisme international COVAX).  Ces vaccins seront initialement octroyés à 20 millions de personnes prioritaires (personnel soignant et celles souffrant d’hypertension, diabète, insuffisance rénale, asthme, tuberculose, hépatite C, SIDA, cancer, obésité, etc.)

Le but du gouvernement est de pouvoir vacciner 70% de la population, soit presque 36 millions de personnes.

Le gouvernement envisage un programme de vaccination en 2 phases et 5 étapes :

Phase 1 immédiate

Etape 1 (1.691.366 personnes) : travailleurs dans le domaine de la santé en première ligne ainsi que les plus de 80 ans.

Etape 2 (7.192.701 personnes) : travailleurs dans le domaine de la santé en seconde et troisième ligne ainsi que les personnes entre 60 et 79 ans.

Etape 3 (2.950.431 personnes) : les personnes entre 16 et 59 ans souffrant de comorbidités ainsi que les enseignants des établissements primaires et secondaires.

Phase 2

Etape 4 (4.910.000 personnes) : le personnel soignant des adultes du 3ème âge, les personnes dans des occupations ou situations à risques.

Etape 5 (17.490.151 personnes) : le reste des personnes (entre 16 et 59 ans) ne souffrant pas de comorbidité.

Source : https://www.minsalud.gov.co/Paginas/Colombia-adquirio-40-millones-de-dosis-de-vacunas-contra-el-covid-19.aspx

Covid-19 en Colombie (13)

Comme je m’y attendais, les cas de covid-19 ont augmenté ces jours derniers en Colombie :

Les cas de covid-19 en Colombie à ce jour

Un pic avait été atteint le 19 août dernier (13.056 nouveaux cas) et il est hélas maintenant dépassé (13.277 nouveaux cas le 18 décembre).

Au final, depuis le début de l’épidémie, la Colombie a enregistré 1.482.072 cas positifs et 40.019 décès.

Le gouvernement colombien explique l’augmentation importante des cas avérés (plus de 10.000 nouveaux cas recensés quotidiennement pendant 4 jours consécutifs) par le fait que, le 7 décembre dernier, les colombiens se sont réunis massivement en famille pour célébrer la Fêtes des Petites Bougies qui est le prélude officiel de Noël en Colombie :

La fête des Petites Bougies
La fête des Petites Bougies

Comme je l’expliquais dans mon dernier billet (ici), les costeños (les gens qui habitent le nord du pays sur la côte des Caraïbes) sont des gens d’un optimisme invétéré qui pensent que le danger est totalement passé d’autant plus qu’ils restent convaincus que l’arrivée des vaccins va totalement éradiquer la pandémie en quelques coups miraculeux et immédiats d’une baguette magique. 

Alors que plusieurs pays d’Europe ont pris la décision difficile d’annuler les rassemblements familiaux pour le 25 décembre, la Colombie agit comme si le danger était passé.

Je pense (ce n’est qu’une opinion personnelle) que, de toutes façons, les cas officiellement déclarés/enregistrés du codid-19 sont grandement sous-estimés.

Alors, combien de tests sont réalisés en Colombie ? Le gouvernement colombien est très discret sur les chiffres car, il faut l’admettre, la Colombie n’a ni les finances ni la logistique pour faire des tests de dépistage à grande échelle.

Voici les derniers chiffres que j’ai trouvés (actualisés au mois de septembre 2020) :

Nombre de dépistages réalisés en Colombie
Nombre de dépistages réalisés en Colombie

Un peu moins de 3,500,000 tests réalisés peut paraitre impressionnant, mais il faut remettre les choses en perspective :

Entre les mois de mars et septembre 2020 (pour couvrir la même période de temps), la Royaume-Uni a réalisé près de 20 millions de tests, suivi par l’Allemagne (15,5 millions) et la France (10,6 millions).

Covid-19 en Colombie (12)

La situation du covid-19 en Colombie est un peu étrange en ce moment…

Alors que la plupart des pays européens ont dû faire face à une seconde vague de cette pandémie (et même une troisième vague aux USA !), la Colombie l’a pour l’instant évité.

Revers de la médaille, le creux de la vague (après la première vague) n’a jamais été atteint. Jugez-en vous-même :

Nous avons eu un pic au mois d’août et, depuis, les cas avérés ne sont pas vraiment retombés.

On ne peut donc pas vraiment parler de deuxième vague (comme en Europe), le pic de la première vague n’étant jamais retombé.

À Barranquilla, où je vis actuellement, les habitants agissent comme si le danger était totalement passé. Il est vrai que presque tout le monde continue de porter un masque, mais c’est vraiment l’unique protection qu’ils prennent.

Les magasins sont bondés… Les centres commerciaux en cette période de pré-Noël sont également bourrés.

Le seul véritable « clin d’œil » au Covid-19 est qu’un vigile prend votre température avant de vous laisser entrer dans les centres commerciaux. 

Rien de plus.

Tout le monde agit comme si le danger était passé…

L’Urgence Sanitaire officielle a cependant été repoussée jusqu’au 28 février 2021 – ce qui permet au gouvernement de toujours prendre des mesures par décret sur le covid-19.

Les frontières terrestres (pour les pays avoisinants) sont fermées pour l’instant jusqu’au 16 janvier 2021.

Les vols transatlantiques directs vers la France sont toujours suspendus jusqu’à nouvel ordre mais, pour des raisons économiques totalement illogiques, le gouvernement a permis la reprise des vols entre les USA et la Colombie.

La première vague du Covid-19 sur la Côte avait justement commencé par un nid d’infection à Carthagène des Indes (à cause des nombreux visiteurs dans cette ville très touristique) qui s’était propagé sur toute la Côte des Caraïbes. Il est donc à craindre que l’histoire ne se répète d’autant plus que les cas de Covid-19 sont actuellement en train de remonter dans cette ville.

À suivre donc !

Confinement en Colombie (11)

Face à la crise du Corona virus, chaque gouvernement a dû faire face à un choix difficile, un véritable dilemme moral :

1) Donner priorité à l’économie du pays (pour ne pas léser à long terme ses habitants) quitte à ce que le taux de mortalité de ce pays augmente de façon significative…

2) Donner priorité à la vie de ses habitants, quitte à dévaster l’économie de ce pays…

Il est intéressant de constater que la majorité des pays européens ont préféré donner priorité à la survie de leurs habitants (la seule exception notable étant la Suède).

Priorité numéro un : sauver la vie de nos citoyens

Priorité numéro deux : reconstruire l’économie en temps utile

La Colombie a décidé de suivre l’exemple de la France (et moult autres pays européens) en décidant de protéger la vie de ses habitants. L’économie attendra…

La Colombie nous a mis en isolement dès le 25 mars en suivant les exemples des pays comme l’Italie, la France, le Royaume-Uni et l’Espagne…

L’idée derrière cet isolement étant non pas de résoudre la crise du  Covid-19, mais de la ralentir afin de ne pas saturer l’accueil des hôpitaux dans le pays…

Beaucoup de pays européens (dont la France) ont essayé de revenir vers la normalité des choses en éliminant le confinement.

Est-ce une bonne chose ?

Allons-nous avoir une seconde vague de contaminations ?

Je constate que l’Allemagne a dû faire marche arrière et remettre certaines régions sous quarantaine…

Idem pour l’Angleterre qui a dû totalement isoler la ville de Leicester…

Idem pour l’Espagne qui a dû totalement isoler deux régions importantes du pays…

La Colombie, au contraire, a maintenant décidé de prolonger le confinement obligatoire – et ce jusqu’au 1er août.

Nous attendions le pic des contaminations du COVID-19 en juin 2020… Il n’est pas arrivé…

Puis nous attendions le pic des contaminations du COVID-19 en juillet 2020… Cela n’arrivera pas et c’est maintenant prévu pour le mois d’août…

 D’un point de vue  économique, ce qui est important, 4,8 millions de colombiens ont maintenant perdu leur travail à cause de la crise du COVID-19. C’est une catastrophe nationale.

Confinement en Colombie (10)

Les choses vont plutôt mal en Colombie. Ou bien il serait plus correct de préciser qu’elles vont plutôt mal là où j’habite, au nord de la Colombie.

Jugez-en vous-mêmes :

La Colombie est divisée en 32 départements (plus Bogotá).

Départements
Départements

Le département où je vis s’appelle « Atlántico ». Sa capitale est Barranquilla.

C’est l’un des plus petits départements (en superficie). 2,5 millions de personnes y vivent, soit 5% de la population totale de la Colombie.

On pourrait donc logiquement penser que, en pourcentage, et par rapport à sa population, le département de l’Atlántico aurait 5% des cas confirmés du Covid-19 en Colombie.

 Ce n’est hélas pas le cas. L’Atlántico n’a pas 5% des cas confirmés du Covid-19 en Colombie. Ni même 10%, 15% ou 20%…

Accrochez-vous bien : Durant les dernières semaines, l’Atlántico a enregistré 50% des cas confirmés en Colombie ! C’est une catastrophe humanitaire sans précédent pour ce petit département.

La gouverneure (Elsa Noguera) a déclaré l’Alerte Rouge et a demandé officiellement de l’aide au gouvernement central du Président Duque.

Le maire de Barranquilla (dont la population représente la moitié de celle du département) nous a déjà imposé un régime draconien de mesures plus ou moins iniques : interdiction de sortir plus d’une fois par semaine (et ce uniquement pour des urgences), interdiction d’acheter et de consommer de l’alcool (pour ne pas encourager les rassemblements ou les fêtes), imposition de la loi martiale (obligation de rester chez soi tous les jours à partir de 20h00 et ce jusqu’à 05h00 le lendemain durant la semaine, plus à partir de 20h00 le vendredi jusqu’à 05h00 le lundi suivant en fin de semaines).

Les soldats patrouillent certains quartiers de la ville qui ont été déjà barricadés pour empêcher leurs habitants de contaminer les autres quartiers avoisinants…

Certains commerces dont l’ouverture avait été assouplie (coiffeurs, papeteries, quincailleries, centres commerciaux, etc.) ont été obligés de fermer à nouveau par décret municipal.

Pour nous qui vivons ici, c’est vraiment un pas en avant et deux pas en arrière…

Et nous n’avons aucune idée où nous allons…