Sur l’influence des bandes criminelles en Colombie

En Colombie, les bandes criminelles sont connues sous l’abréviation Bacrim. Ce sont des organisations de type mafieux, liées au trafic de la drogue, qui terrorisent des villes entières : Enlèvements, extorsions, chantages, services d’assassinat à la demande, etc.

Elles imprègnent toutes les couches de la société colombienne à un degré qu’il est dur d’imaginer. Voici le dernier exemple en date :

L’une des bacrim les plus connues, et les plus redoutées, s’appelle « Los urabeños ». Le 1er janvier de cette année 2012, le gouvernement colombien réussit à tuer son grand chef (máximo líder), Juan de Dios Úsuga, lors d’une opération de police menée dans la municipalité de Acandí (Chocó).

Ce fut naturellement un coup très dur pour les « urabeños ».  Et ils se devaient de réagir de manière spectaculaire pour montrer aux autorités l’étendue de leur pouvoir.

Et ils l’ont fait avec des conséquences tout simplement inimaginables… Mais qu’ont-ils fait exactement ?

Ils ont distribués des tracts dans plusieurs grandes villes de Colombie (surtout dans le nord du pays où leur présence est plus prononcée) appelant à une « grève générale » de 48 heures : Les commerçants devaient fermer boutique, les compagnies de transport devaient arrêter leurs services, les taxis ne devaient pas circuler et même les gens étaient priés de rester chez eux !

Succès total. Des dizaines de villes sont ainsi devenues des villes fantômes. Et pas n’importe quelles villes puisque même Santa Marta, l’une des plus grandes villes touristique de La Côte, est devenue une ville fantôme…

Bien sûr, les gens n’ont pas suivi ces instructions car ils soutiennent cette bacrim. Ils ont tout simplement obéi par terreur. Ainsi, plusieurs taxis qui ont osé défier la « grève » ont été incendiés. Et les commerces qui auraient ouverts auraient été détruit à la grenade…

Cette situation montre l’impuissance totale des autorités colombiennes. Et combien il reste encore beaucoup à faire en Colombie pour revenir à la normalité.

Informations supplémentaires sur ce sujet (en espagnol) : ici

Interdire le port d’armes : Une mauvaise « bonne idée »…

La combinaison du Nouvel An et de la prise de pouvoir de nouveaux dirigeants élus lors des dernières élections du mois d’octobre est naturellement propice à beaucoup de promesses.

L’une des plus populaires en ce début d’année est celle d’interdire totalement le ports d’armes afin de faire chuter le taux d’homicides en Colombie (ce fut ainsi la première promesse de Gustavo Petro, le nouveau maire de Bogotá, lors de son discours d’investiture il y a quelques jours).

Cette position « anti port d’armes » devient de plus en plus populaire en Colombie alors que cette dernière s’évertue de faire baisser son taux d’homicides national qui, bien qu’il se soit considérablement réduit ces dernières années, reste encore très élevé.

Je rappelle que, en Colombie, ce sont les municipalités qui peuvent interdire (ou permettre) le port d’armes sur leur territoire.

Je devrais applaudir cette mesure car elle pourrait me concerner directement : A Barranquilla, une personne est assassinée  chaque jour (en moyenne). Mais j’ai été séduit par l’argumentation de Elsa Noguera, la nouvelle maire de Barranquilla, qui, elle, ne va pas interdire le port d’armes dans sa ville : 95% des homicides (chiffre vérifié) sont commis avec des armes illégales, c’est à dire par des personnes qui n’ont pas de port d’armes.

D’un côté, pouvoir théoriquement faire baisser le taux d’homicide de quelques points…
De l’autre, retirer à tout le monde le droit de se défendre légitimement avec une arme…

Décidément, ce n’est pas évident !  😕  Qu’en pensez-vous ?

 

Les alizés

Ceux qui suivent ce blog sauront combien je trouve pénible le climat tropical de Barranquilla : Très chaud et très humide – et je ne m’y suis toujours pas habitué (et je doute un jour m’y habituer).

Mais, une fois par an, la nature nous envoie ce qu’elle a trouvé de mieux en matière de climatisation : les vents alizés.

Toujours ponctuels, ils arrivent dès le début du mois de décembre : Timidement pour commencer, s’absentant parfois pour plusieurs jours, mais revenant loyalement pour nous rafraichir durant la journée et la nuit.

Ils soufflent du nord-est et sont donc relativement frais. Attention, le soleil tape toujours aussi fort, mais les alizés rendent la chaleur infiniment plus supportable. Pour ceux d’entre vous qui connaissent la Grèce, les alizés me font penser au « Meltemi », ce vend du nord qui souffle en été sur les îles de la Mer Égée et rafraichit agréablement l’atmosphère.

Ce sont d’ailleurs les alizés qui ont donné à Barranquilla son surnom de « Arenosa » (la sablonneuse). En effet, ces vent se chargeaient de sable en passant sur les plages de la Mer des Caraïbes et déposaient une fiche couche de sable sur l’ensemble de la ville. Sans oublier de mentionner que le sable en suspension rendait l’air quasi irrespirable et provoquait de nombreuses crises d’asthme… J’écris au passé car, heureusement, la construction d’immeubles de hautes tailles a considérablement réduit cet irritant problème.

L’arrivée des vents alizés coïncide avec le début de la saison sèche : plus de pluie ! Sur La Côte, ils soufflent à une moyenne de 20 km/heure (avec des pointes à 40 km/heure) et sont une bénédiction pour les véliplanchistes – mais beaucoup moins pour les baigneurs car la mer est très agitée, voire dangereuse, en leur saison.

Ils nous quitteront hélas au mois d’avril lorsque débutera la première saison des pluies, mais reviendront fidèlement 8 mois plus tard !