C’est de la nostalgie pure et simple, mais je vais regretter les charrettes de Barranquilla. Pour moi, elles font partie intrinsèque de la ville, à l’instar des petits bus polluants et bruyants.

Le gouvernement a décidé qu’elles étaient un anachronisme au 21ème siècle, qu’elles étaient dangereuses pour la circulation, et qu’elles provoquaient des bouchons.
Je veux bien, mais Barranquilla n’est pas Paris ! Et, de plus, au fil des années, les conducteurs de voitures et de charrettes ont appris à cohabiter dans les rues des villes de Colombie. Je n’ai encore jamais vu un accrochage entre une charrette et une voiture.
Mais, plus important encore, je pense que ces charrettes ont un véritable rôle à remplir :
De nombreux paysans les utilisent pour vendre leurs fruits et légumes dans la rue – fruits et légumes d’ailleurs beaucoup plus frais, et meilleur marché, que ceux vendus dans les supermarchés !
D’autres les utilisent pour récupérer et recycler les produits domestiques (ventilateurs cassés. cartons, journaux, etc.). Sans oublier les petits artisans : rémouleurs, rempailleurs de chaises, etc.
La seule bonne nouvelle est que rien ne se fait jamais rapidement en Colombie… La municipalité de Barranquilla a recensé 919 conducteurs de charrettes et leur a tous promis de leur trouver un nouvel emploi. Pour un coût total de 5 mille millions de pesos… Je pense donc que l’on verra ces charrettes dans les rues des villes de Colombie pour encore quelques années !