C’est la faute à la tache d’huile !

Billet dédié à Isabelle (une amoureuse inconditionnelle des animaux) qui se reconnaîtra.

Je fume la pipe depuis l’âge de 20 ans, et bien que j’aie trouvé de l’excellent tabac colombien (sans aucun additif), je ne vais certainement pas imposer mon vice à ma famille.

C’est pourquoi j’ai une interdiction totale de fumer ma pipe à l’intérieur de notre maison – ce que je comprends parfaitement et ce dont donc je ne me plains pas.

Chaque matin, je descends donc dans la rue pour fumer ma pipe et lire mon journal – un oasis de paix et de plaisir dans ma routine quotidienne.

Avant de m’endormir, j’aime également fumer une dernière pipe aux alentours de 23h/minuit.

À cette heure indue, les chats de la ville sortent de leur tanière. Il faut en effet savoir que les chats sont des animaux essentiellement nocturnes. J’ai appris à connaître, et à reconnaître individuellement, ces amis de la nuit qui sont pour la plupart des ombres fugaces qu’il m’est impossible d’approcher. Malheureusement, leur espérance de vie est faible. Ils se font le plus souvent hélas écraser à court terme. Être un chat sauvage dans une ville telle que Barranquilla n’est pas facile…

C’est pourquoi, alors que,un jour, je fumais ma pipe après mon petit-déjeuner, j’ai été fort surpris de voir une chatoune visiter le parking devant notre immeuble.

C’était une chatoune blanche, avec quelques taches symétriques de couleur caramel et de très longs poils du type Angora. Elle avait donc décidé de vivre dans l’un des pires quartiers de Barranquilla du point de vue du trafic avoisinant. Mon cœur fondit pour elle, mais ayant déjà plusieurs chats, je dus durcir mon cœur car ni mon épouse ni moi ne désirions adopter un autre chat (nous ne pouvons pas adopter tous les chats errant dans notre quartier). 

Le jour suivant, je fus très surpris de constater que cette chatoune avait décidé de rester dans le parking devant notre immeuble. Je ne pouvais donc plus l’ignorer et descendis donc de notre maison pour lui donner une assiette de croquettes ainsi qu’un bol d’eau – sur lesquels elle se rua.

Le troisième jour, elle était toujours devant notre immeuble. Elle devait avoir dormi sous une voiture, car son dos était salie par une tache d’huile noire de vidange. Elle était pitoyable. Sale et pitoyable…

Cependant, je résistai… Jusqu’à, en ce même jour, elle décida de nous suivre à l’intérieur de notre immeuble. Elle avait donc décidé de vivre avec nous – un incroyable pari de sa part…

Ni mon épouse ni moi n’eurent le cœur de la rejeter.

Je vous présente donc “Charlotte”, une rescapée des rues de Barranquilla qui fait maintenant partie de notre foyer depuis deux ans :

 

Charlotte, rescapée des rues de Barranquilla avec sa tache d'huile
Charlotte, rescapée des rues de Barranquilla avec sa tache d’huile le jour où elle a décidé de vivre avec nous.

 

Je vous rassure. Ma première priorité a été de laver cette horrible tache d’huile sur son dos. 

Elle ne mourra pas dans les rues de Barranquilla, car elle fait maintenant partie de notre foyer. C’est toujours ça de gagné pour elle…

Et sa présence dans notre foyer est un énorme plaisir pour nous, car elle nous a fait confiance et ce petit animal de 2 kilos a fait un pari sur l’avenir en choisissant de vouloir vivre avec nous. Comment pouvons-nous la remercier de sa confiance – sinon de lui assurer un bon avenir sans problèmes ?

2 réponses à “C’est la faute à la tache d’huile !”

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