J’ai déjà écrit dans ce billet comment mon épouse et moi nous nous sommes fait superbement « avoir » en gardant une chatoune trouvée dans la rue devant notre immeuble qui, au final, nous a adoptés.
Je pensais que c’était la fin de ce sujet (adopter des chats en Colombie)… Nous ne sommes pas responsables de la misère des chats des rues à Barranquilla et nous pensons sincèrement faire (et avoir fait) suffisamment pour eux en s’occupant d’eux au quotidien…
Sauf que, la semaine dernière, un chaton de quelques semaines est soudainement apparu dans les escaliers menant chez nous (nous vivons au premier étage d’une maison coloniale). Nous soupçonnons que des voisins l’ont délibérément placé dans notre escalier, car ils savent que nous aimons les chats.
Vous nous connaissez… Nous avons été incapables de dire « Non » à ce nouveau chaton !
Je vous présente donc « Bono » qui nous a totalement séduit !
Une autre rognure dont nous n’avions pas besoin… Mais nous ne savons pas dire « NON »…
J’aimerais sincèrement savoir où nous pourrons nous arrêter…
Billet dédié à Isabelle (une amoureuse inconditionnelle des animaux) qui se reconnaîtra.
Je fume la pipe depuis l’âge de 20 ans, et bien que j’aie trouvé de l’excellent tabac colombien (sans aucun additif), je ne vais certainement pas imposer mon vice à ma famille.
C’est pourquoi j’ai une interdiction totale de fumer ma pipe à l’intérieur de notre maison – ce que je comprends parfaitement et ce dont donc je ne me plains pas.
Chaque matin, je descends donc dans la rue pour fumer ma pipe et lire mon journal – un oasis de paix et de plaisir dans ma routine quotidienne.
Avant de m’endormir, j’aime également fumer une dernière pipe aux alentours de 23h/minuit.
À cette heure indue, les chats de la ville sortent de leur tanière. Il faut en effet savoir que les chats sont des animaux essentiellement nocturnes. J’ai appris à connaître, et à reconnaître individuellement, ces amis de la nuit qui sont pour la plupart des ombres fugaces qu’il m’est impossible d’approcher. Malheureusement, leur espérance de vie est faible. Ils se font le plus souvent hélas écraser à court terme. Être un chat sauvage dans une ville telle que Barranquilla n’est pas facile…
C’est pourquoi, alors que,un jour, je fumais ma pipe après mon petit-déjeuner, j’ai été fort surpris de voir une chatoune visiter le parking devant notre immeuble.
C’était une chatoune blanche, avec quelques taches symétriques de couleur caramel et de très longs poils du type Angora. Elle avait donc décidé de vivre dans l’un des pires quartiers de Barranquilla du point de vue du trafic avoisinant. Mon cœur fondit pour elle, mais ayant déjà plusieurs chats, je dus durcir mon cœur car ni mon épouse ni moi ne désirions adopter un autre chat (nous ne pouvons pas adopter tous les chats errant dans notre quartier).
Le jour suivant, je fus très surpris de constater que cette chatoune avait décidé de rester dans le parking devant notre immeuble. Je ne pouvais donc plus l’ignorer et descendis donc de notre maison pour lui donner une assiette de croquettes ainsi qu’un bol d’eau – sur lesquels elle se rua.
Le troisième jour, elle était toujours devant notre immeuble. Elle devait avoir dormi sous une voiture, car son dos était salie par une tache d’huile noire de vidange. Elle était pitoyable. Sale et pitoyable…
Cependant, je résistai… Jusqu’à, en ce même jour, elle décida de nous suivre à l’intérieur de notre immeuble. Elle avait donc décidé de vivre avec nous – un incroyable pari de sa part…
Ni mon épouse ni moi n’eurent le cœur de la rejeter.
Je vous présente donc « Charlotte », une rescapée des rues de Barranquilla qui fait maintenant partie de notre foyer depuis deux ans :
Charlotte, rescapée des rues de Barranquilla avec sa tache d’huile le jour où elle a décidé de vivre avec nous.
Je vous rassure. Ma première priorité a été de laver cette horrible tache d’huile sur son dos.
Elle ne mourra pas dans les rues de Barranquilla, car elle fait maintenant partie de notre foyer. C’est toujours ça de gagné pour elle…
Et sa présence dans notre foyer est un énorme plaisir pour nous, car elle nous a fait confiance et ce petit animal de 2 kilos a fait un pari sur l’avenir en choisissant de vouloir vivre avec nous. Comment pouvons-nous la remercier de sa confiance – sinon de lui assurer un bon avenir sans problèmes ?
Tiens, cela faisait pas mal de temps que je désirais publier un article sur le jeu le plus populaire de la Côte : les dominos.
Je suppose que c’est le jeu national de la Colombie comme la pétanque l’est en France (et ce pas seulement dans le sud puisque je vous assure que, ayant vécu en Auvergne, la pétanque est également le jeu national dans le Centre de la France – et sans doute dans d’autres régions).
En France, la règle du jeu de domino est relativement simple : se débarrasser de vos fiches.
En Colombie, la règle du jeu de domino est un peu plus complexe : vous devez également vous débarrasser de vos fiches, mais avec deux règles supplémentaires :
1) Essayer de faire le plus de bruit possible en posant vos fiches sur la table. Vous gagnez des points si vous dépassez les 100 décibels en claquant vos fiches sur la table. 2) Essayer de casser la table en posant vos fiches.
Tout dépend donc de la force de votre poignet : faire beaucoup de bruit tout en cassant la table de jeu fera de vous un champion qui entrera dans la légende de la ville (et même du pays).
Les costeños passent leurs samedis soir à boire et à danser. Les vendredis soir sont normalement réservés à boire et à jouer aux dominos.
La plupart des parties de dominos ont donc lieu les vendredis soir dans les « cantinas » de la ville.
Les joueurs jouant par équipes de deux personnes, la responsabilité de perdre et/ou de gagner est donc partagée.
Et, comme vous pouvez imaginer, les passions se déchaînent… C’est triste à dire, ou plutôt à écrire, mais combien de fois ai-je vu des joueurs sortir leur couteau après une partie, non pas pour intimider leurs adversaires qui avaient gagné la partie, mais surtout pour menacer leur partenaire qui avait fait une erreur de jeu ! Et, on l’on saura, l’alcool n’aide pas dans ces situations plutôt tendues…
Une image (ou bien dans ce cas une vidéo) valant plusieurs mots, je vous invite à visionner cette vidéo : une partie de dominos à Barranquilla. Vous comprendrez ! Et encore, la vidéo a été édulcorée !
Nous sommes maintenant dans la (seconde) saison des pluies à Barranquilla et j’ai déjà écrit plusieurs billets sur les impressionnants torrents qui déferlent dans les rues de la ville (notamment ici, ici, ici, ici et ici) lors des orages tropicaux.
Je suppose qu’il est normal que les enfants ne se rendent pas compte du danger que représentent ces torrents, mais les adultes ?!
La semaine dernière, voici un conducteur qui a cru qu’il pourrait les vaincre :
Encore un conducteur imprudent !
Vous remarquerez que le conducteur a heureusement pu s’échapper à temps de sa voiture (porte ouverte) mais qu’il a néanmoins dû abandonner son véhicule !
Lucie est une femme qui, deux fois par semaine, vient dans notre maison pour être la « fée du logis » dans/de notre foyer. En Colombie, on utilise le mot « muchacha » pour la décrire, mais ce terme est assez justement péjoratif – disons donc que c’est notre « ayuda domestica » (aide domestique). Lucie vit dans les quartiers pauvres au sud de la ville (Barranquilla). Deux fois par semaine, elle se réveille à 6 heures du matin et prend le bus au sud de la ville pour arriver chez nous à 8 heures du matin – où elle travaillera jusqu’à 16 heures.
Notre maison serait une véritable porcherie si elle ne venait pas chaque semaine. Nous la payons $35.000 pour son travail quotidien. C’est très peu comparé à un travail quotidien en France. C’est plus ou moins « juste » pour un travail quotidien en Colombie…
Comme je l’ai mentionné, elle vit dans un quartier pauvre au sud de Barranquilla.
Dans ces quartiers pauvres, les prestataires de services tels que l’électricité ou l’eau ne la prennent pas trop au sérieux, car c’est une personne pauvre qui, de toute façon n’a aucun pouvoir « officiel » pour faire bouger les choses en cas de problèmes.
En effet, il faut savoir que, en Colombie, vous payez pour les services (eau, gaz, électricité, etc.) en fonction de où vivez. Les personnes des quartiers pauvres obtiennent une réduction, en fonction de où ils vivent… Et les quartiers riches payent un supplément pour subventionner ces quartiers pauvres.
La semaine dernière, l’électricité s’est arrêté dans son quartier. Pour comprendre ce billet, imaginez vivre en France sans électricité.
Imaginez vivre sans lumière, sans TV, sans frigo, sans ventilateur, sans rien…
Imaginez une telle panne en France. EDF viendrait sous 24 heures pour résoudre le problème. En Colombie, non. Surtout dans les quartiers pauvres.
Pourquoi pas ?
Tout simplement parce que les quartiers pauvres sont totalement ignorés par les prestataires de service. Que ce soit l’eau, le gaz ou bien l’électricité – ce dernier prestataire sur la Côte s’appelant « ElectriCaribe ».
Imaginez donc vivre sans électricité. Imaginez vivre sans lumière, sans TV, sans frigo, sans ventilateur, sans rien… Et le prestataire ne fera rien, car il ne gagne pas assez d’argent avec ces gens pauvres.
Après 5 jours sans électricité, les gens du quartier ont en eu marre. Ils avaient perdu le contenu de leurs frigos et de leurs congélateurs. Ils ne pouvaient pas dormir parce que leurs ventilateurs ne fonctionnaient pas. Ils ont donc justement décidé de protester. En bloquant leurs rues et en brûlant des pneus pour être entendus :
Que c’est triste d’en arriver là !
Bien entendu la police fut alors appelée, le journal local fut alerté, et c’est uniquement à cause de cette exposition médiatique que les habitants du quartier, après cinq jours sans électricité, purent enfin récupérer ce service de base.
J’avoue que j’attendais avec impatience de pouvoir voir la récente lune rouge sang dans le ciel (normalement très) étoilé de Barranquilla.
Après tout, c’est un phénomène plutôt rarissime à observer. D’autant plus que les astronomes avaient annoncé que le continent américain serait un endroit idéal pour observer ce rare phénomène.
En levant le nez, je m’attendais donc à voir quelque chose ressemblant à ceci :
La lune rouge sang du 27 septembre 2015
Sauf que, bien sûr, les astronomes n’avaient pas prévu le fait que Barranquilla traverserait sa seconde saison des pluies et que les cieux nocturnes de la ville ressembleraient plutôt à ceci :
Où est la lune rouge sang ?
C’est donc avec un peu d’amertume que j’écris ce billet. Le prochain rendez-vous pour une lune rouge est prévu dans 33 ans (donc en 2048) et, au vu de mon age, je doute fort que je puisse apprécier ce phénomène une toute dernière fois…
Mais bon, j’ai essayé ! Et, comme a toujours été ma philosophie de vie, il faut mieux avoir des regrets et avoir échoué, que d’avoir des remords pour ne pas avoir essayé de faire quelque chose…
Sauf si vous vivez sur la face cachée de la lune, vous saurez maintenant que le groupe allemand Volkswagen a installé un logiciel secret sur ses voitures pour que les émissions polluantes de ses véhicules soient au-dessous des normes officielles établies par les divers gouvernements d’Europe et des USA, et ne soient donc pas découvertes lors de tests officiels.
Les colombiens s’amusent doucement de cette situation… Pourquoi ? Parce que la Colombie a mauvaise réputation sur beaucoup de choses, mais nous voyons maintenant que beaucoup de sages européens sont également des filous à un niveau international…
En gros, les européens ne peuvent pas maintenant se permettre de donner des leçons de morale à la Colombie alors que cela fait des lustres qu’un groupe international tel que Volkswagen triche depuis des années au niveau mondial.
Non pas sur 10.000 véhicules, ni même sur des centaine de milliers de véhicules, mais sur plusieurs millions de véhicules !