Voter en Colombie lors des élections françaises

Je suis inscrit sur le registre consulaire des français établis hors de France de l’Ambassade de France à Bogotá.

Entre autres choses, cette inscription me permet de voter lors des élections françaises.

Je peux voter par internet pour les élections législatives et celles des conseillers à l’AFE (Assemblée des français de l’Étranger).

Par contre, pour les  élections présidentielles et européennes, je dois aller en personne à Bogotá  pour voter dans l’enceinte de l’Ambassade (mais je peux également voter par procuration).

Comme en France, je reçois les circulaires des listes de candidats. Ce matériel est envoyée à mon domicile par le Ministère des Affaires Étrangères.

Cette année, j’ai reçu une épaisse enveloppe contenant moult circulaires et affichettes des candidats. Dans l’enveloppe (qui avait été postée en France) se trouvait une lettre du Ministère des Affaires Étrangères datée du 9 mai.

Cette lettre disait :

« Monsieur,

Le 24 mai 2014 aura lieu l’élection des représentants de la France au Parlement européen.

Les français résidant à l’étranger sont rattachés, pour cette élection, à la circonscription « Île-de-France et Français établis hors de France ».

Vous trouverez ci-joints les circulaires des listes de candidats.

etc. »

Plutôt sympa et efficace, vous me direz !

Hélas non ! J’ai reçu cette lettre le mardi premier juillet, soit plus d’un mois après les élections !

Je suggère que, à l’avenir, l’Ambassade de France à Bogotá et le Ministère des Affaires Étrangères unissent leurs forces afin de trouver une solution qui permettra aux votants de recevoir le matériel de vote avant les élections…

My tailor is rich

Je suis dans une position privilégiée dans la mesure où j’enseigne l’anglais et le français à Barranquilla. Ceci me permet de comprendre plus intimement les différences de prononciation (et de grammaire) entre ces deux langues.

J’ai toujours vécu entre la culture latine et la culture anglo-saxonne. C’est vrai, j’ai « le cul entre deux chaises », comme l’on dit vulgairement, mais ceci m’a toujours permis de mieux comprendre les différences culturelles entre le Royaume-Uni et la France, et donc d’utiliser ces énormes différences de fond afin d’adapter mon enseignement linguistique en Colombie en fonction de ces variations.

Une des différences les plus importantes (et emblématiques) de cet enseignement est le fait que, à l’instar de l’allemand, l’espagnol possède des règles très strictes de prononciation. Et des règles immuables qui plus sont. Dans la pratique cela veut dire que chaque lettre (consonne ou voyelle) se prononce toujours de la même façon en espagnol.

Il est donc possible d’imaginer une situation où une personne pourrait lire parfaitement un discours d’une heure (ou plus !) en espagnol sans en comprendre le moindre mot dès l’instant où cette personne comprendrait les règles de base de prononciation de l’espagnol.

En français, cela devient plus compliqué.  Le français possède certes des règles de prononciation (un quiz : quelles sont les trois manières de prononcer la lettre ‘s’ en français ?).  Mais tout le monde connait l’exemple de ‘Les poules du couvent couvent’ en français. Essayer cependant d’expliquer la logique de cette prononciation à un colombien…

En anglais, cela devient presque  impossible. Essayer d’expliquer à un colombien que la lettre ‘a’ a au moins trois prononciations !

1) Le son ‘a’ comme le son de base français ‘a’ dans ‘papa’ dans les mots anglais comme ‘cat’ ou bien ‘father’.

2) Le son ‘ai’ (ou ‘è’)  comme le son de base français ‘ai’ du mois de ‘mai’ dans les mots anglais comme ‘late’ ou bien ‘fare’.

3) Un ‘o’ comme le son de base français ‘o’ du mot ‘coco’ dans le mot anglais ‘water’.

La même lettre ‘a’ a donc trois sons différents en anglais. Ce n’est pas évident d’expliquer tout ceci à des étudiants colombiens.

Et c’est dans doute pour ces difficultés de prononciation que, en règle générale, les colombiens n’aiment pas l’anglais. En fait, ce n’est pas qu’ils n’aiment pas l’anglais – ils haïssent l’anglais. Ils doivent apprendre la prononciation de chaque mot. Le plaisir d’apprendre une nouvelle langue est vite effacé/oublié lorsque vous devez faire autant d’efforts de mémoire. Et apprendre une nouvelle langue devient un devoir et non plus un plaisir. Et je mentionnerai pas les 144 verbes irréguliers que j’impose à mes étudiants. Ils me remercieront un jour mais, pour le moment, ils me haïssent…

A la fin de l’enseignement obligatoire en Colombie (11 ans de scolarité en Colombie contre 12 ans en France), les potaches colombiens doivent passer un examen, qui s’appelle la ‘prueba ICFES’.

C’est un peu l’équivalent du BAC en France (réussir cet examen permet (en théorie) d’entrer dans une université en Colombie). Sauf que ce niveau de connaissances est plutôt du niveau de la Seconde (en France) que de la Terminale.

Et le niveau de l’anglais en Colombie est une telle calamité au niveau national que le gouvernement colombien a maintenant décidé de réagir.

Il faut savoir qu’il existe 6 niveaux de connaissances d’une langue internationalement reconnus. Ces niveaux vont de A1 (le plus faible) à C2 (le plus fort) et sont expliqués ici.

Le niveau d’anglais aux examens ICFES en Colombie est (était) du niveau B2.

Le gouvernement colombien a tellement honte des résultats nationaux ICFES en anglais que, plutôt que d’améliorer la qualité d’enseignement de l’anglais en Colombie, il a officiellement décidé de baisser le niveau de l’examen ICFES en anglais qui passera donc en 2014 du niveau B2 à B1.

C’est simple – il suffisait d’y penser et de décider au niveau ministériel que d’entériner la médiocrité résoudrait tous les problèmes.

Pas de vacance de Pâques pour moi à Santa Marta cette année

Étant enseignant, et mon beau-fils étant scolarisé, ma famille et moi sommes naturellement, et hélas, tributaires du calendrier des vacances scolaires en Colombie.

Une servitude que je hais car, en Colombie (comme en France, d’ailleurs), les vacances scolaires tombent dans la « alta temporada » (haute saison). En règle générale, les prix sur la Côte (qui reçoit la majorité des touristes en Colombie) sont multipliés par 8 durant la haute saison – non, je n’exagère pas !

L’appartement meublé que nous avons l’habitude de louer à 20 mètres de la plage du Rodadero coûte normalement 70.000 pesos par nuitée en basse saison. Durant la Semaine Sainte, ce même appartement coûte 600.000 pesos par nuitée !

Sur la plage du Rodadero, nous louons normalement une « carpa », c’est à dire une sorte de tente jaune qui ressemble à ceci :

8.000 pesos en basse saison. 60.000 pesos en haute saison.
8.000 pesos en basse saison. 60.000 pesos en haute saison.

 

Très utile pour se protéger du soleil de midi, la location de cette tente coûte normalement 8.000 pesos en basse saison (pour la journée). Durant la Semaine Sainte, le prix explose à 60.000 pesos.

Et je ne mentionne même pas les prix des bars et des restaurants. Tout est simplement hors de prix ou, si vous préférez, à des prix complètement ridicules. Il faut vraiment visiter Santa Marta durant la Semaine Saine pour se rendre compte de ces excès.

Les colombiens ont très peu de congés payés: en général, deux semaines par an. Durant la Semaine Sainte (la semaine qui précède Pâques), le jeudi et le vendredi sont officiellement des jours fériés. Le dimanche de Pâques étant naturellement férié, les colombiens prennent donc le lundi, mardi et mercredi de la Semaine Sainte, puis font le pont du samedi – ce qui leur permettent d’avoir une semaine complète de congé. Le gouvernement encourage ceci, car cette semaine de vacance fait des merveilles pour le tourisme.

Mon beau-père habite à Santa Marta, à 5 minutes (par bus) du Rodadero, juste à quelques centaines de mètre de l’hôtel Irotama. Voici d’ailleurs à quoi ressemble la plage de l’hôtel Irotama, située à 5 minutes (à pied) de la maison de mon beau-père :

Plage de l'hôtel Irotama de Santa Marta - plutôt sympa vous en conviendrez !
Plage de l’hôtel Irotama de Santa Marta – plutôt sympa vous en conviendrez !

 

Idyllique, non ?

Mais, cette année, je n’irai pas pas passer la Semaine Sainte à Santa Marta chez mon beau-père – bien que ce dernier soit un homme charmant, qu’il nous accueille royalement, que mon épouse et moi ayons une chambre individuelle chez lui, et que la plage de l’Irotama nous tende les bras.

Pourquoi n’irai-je pas ?

1) Je l’avoue humblement, je ne supporte pas, et je n’ai jamais supporté, la chaleur moite de la Côte. C’est mon point faible en Colombie.

Autant je n’ai jamais eu de problème avec la chaleur sèche de la Grèce (j’y ai vécu près de 5 ans sur une petite île de la mer Égée), autant je n’arrive toujours pas à supporter la chaleur moite de la côte atlantique.

D’ailleurs, ma première priorité en arrivant à Barranquilla fut d’installer la climatisation dans toutes les pièces de notre appartement (mon épouse mit quand même le veto pour une installation dans les toilettes). Et, hélas, ma seconde priorité fut de gérer ma NOUVELLE facture d’électricité – mais je m’égare…

Mon beau-père n’a pas la clim dans sa maison. La dernière fois que je suis allé chez lui, j’ai emporté un puissant ventilateur de Barranquilla. Plus quelques litres de « Menticol ».

C’est quoi le « Menticol », me demanderez-vous ?

Le Menticol, c’est la clim des pauvres ! Ce produit est nationalement connu en Colombie. Vous vous aspergez de ce liquide qui, en s’évaporant, est supposé vous procurer une sensation de fraîcheur durant quelques heures.

Menticol: la clim des pauvres !
Sauf que ni le ventilateur ni le Menticol sont vraiment efficaces lorsqu’il fait 33 degrés dans votre chambre en pleine nuit…

2) Je suppose que, à la rigueur, j’aurais pu supporter la chaleur – par K.O. technique ! Après tout, lorsque vous êtes éreinté et exténué, vous finissez par tomber dans une sorte de coma récupérateur… Mais c’était sans compter sans les 900 watts RMS de l’équipement musical  du voisin de mon beau-père. À ce jour, j’ignore toujours pourquoi ce voisin décida d’allumer sa chaîne à 4 heures du matin. Peut importe la raison d’ailleurs… Je vous assure que 900 watts RMS à 50 mètres de chez vous vous réveilleront – à n’importe quelle heure.  🙄

3) Vous me direz, j’aurais pu tout de même profiter de la plage du Rodadero. Et vous auriez raison car, ne désirant pas m’avouer vaincu,  je décidai tout de même d’y aller. Le problème  est que, durant la Semaine Sainte, la plage du Rodadero ressemble à ceci :

 

La plage du Rodadero (Santa Marta) lors de la Semaine Sainte
La plage du Rodadero (Santa Marta) lors de la Semaine Sainte

 

Je ne mentionnerai pas la pellicule d’huile de bronzage sur la mer. Ni les canettes de bières dans la mer… Au final, un enfer…

Non merci ! Santa Marta, ce n’est pas pour moi en haute saison !

Cette année, mon épouse ira voir toute seule son père à Santa Marta ! En bonne costeña qu’elle est, elle est habituée à la chaleur infernale de la Côte ainsi qu’aux bruits extrêmes. 900 watts RMS à 4 heures du matin ne l’ont jamais dérangé, surtout si c’est de la salsa. Moi, je resterai à Barranquilla en sirotant quelques bières et en appréciant le silence de cette ville abandonnée pendant quatre jours – le paradis !

47% de ristourne, c’est mieux que 98% ! Si, si !

Cette pub est parue dans l’édition du lundi 31 mars du journal « El Heraldo » :

Wow ! Perdez au moins 10 cm de tour de ceinture !
Wow ! Perdez au moins 10 cm de tour de ceinture !

 

C’est vraisemblablement de la publicité mensongère (je doute fort que l’on puisse perdre 10 cm de tour de ceinture, comme montré sur l’image, en seulement 4 à 6 sessions de traitement), mais ce qui m’a interpellé est le prix :

Prix normal : $75.000 pesos
Offre spéciale : $39.900 pesos – soit 47% de ristourne

Deux jours plus tard (c’est à dire le mercredi 2 avril), paraissait cette nouvelle pub – toujours dans « El Heraldo » :

Désolé, le prix normal n'est plus de $75.000, mais de deux millions !
Désolé, le prix normal n’est plus de $75.000, mais de deux millions !

 

Le prix normal est passé de $75.000 à près de 2 millions ! Et, même si la ristourne est passée de 47% à 95%, le prix de l’offre spéciale est maintenant de $99.000, soit $50.000 de plus que la première pub 48 heures plus tôt.

Culotté, non ?

Traversez, mais en courant !

Comme son nom l’indique, la « Avenida Circunvalar » est à Barranquilla ce que le périphérique est à Paris : une large artère ceignant Barranquilla qui permet d’éviter les encombrements du centre-ville.

La vitesse y est limitée à 80 km/h mais vous imaginez bien que, la Colombie restant la Colombie, les automobilistes ne respectent pas cette limitation…

Un abruti à la Direction de la Voirie de la mairie a eu l’idée débile de placer un passage piéton au bon milieu de ce périphérique :

Traversez à vos risques et périls !
Traversez à vos risques et périls !

 

C’est vrai que cela coûte moins cher que de construire un pont ! Et, comme vous vous en doutez, une douzaine de personnes meurent hélas chaque année en essayant de traverser les voies à cet endroit pourtant réservé spécifiquement à cet effet !