Après-élection en Colombie

Pour ceux d'entre vous qui ont suivi ce billet, il faut savoir que l'après-élection en Colombie est tout aussi violent que l'avant-élection…

Les colombiens sont en effets de très mauvais perdants (combien de rixes n'ont pas commencées après une partie de dominos !) et les supporters déçus déchargent leur colère sur tout ce qu'ils trouvent. Leurs cibles préférées restent cependant les bureaux de la "Registraduría" (l'organisme d'état qui supervise les élections) :

 

Bien entendu, la "ley seca" a été prorogée indéfiniment dans beaucoup de municipalités "chaudes"…

Boire ou voter – il faut choisir !

Comme j’écris ce billet, nous sommes en pleine « ley seca » (loi sèche).

A partir de 18h00 aujourd’hui (samedi), aucun établissement public ne peut vendre/servir de boissons alcoolisées. Ceci inclut donc les cantinas, les bar, les restaurants, les discothèques, etc… Même les supermarchés et les boutiques ne peuvent pas les vendre. Et ce jusqu’à lundi prochain à 06h00.

Pourquoi ?

Avant la « ley seca », les colombiens se réunissaient dans leur cantina préférée, comme est leur habitude le samedi soir. Les veilles d’élections, le sujet de discussion se portait naturellement sur le scrutin du lendemain. Chacun défendait son candidat et ses positions politiques. La boisson aidant, et la tolérance n’étant pas le point fort des colombiens, le ton commençait inexorablement à monter… Les esprits s’échauffaient… Bientôt, les armes étaient sorties ! Et chaque municipalité se retrouvaient avec des dizaines de morts et de blessés.

Et ce qui ne s’entretuaient pas autour d’une bouteille d’aguardiente se soulaient à mort avec cette même bouteille. Le lendemain (jour de l’élection), un grand nombre de colombiens avaient donc une gueule de bois phénoménale et préféraient rester dans leur lit plutôt que de se rendre au bureau de vote le plus proche… Ce qui engendrait des taux d’abstentions records.

Voici pourquoi nous avons la « ley seca » les week-ends d’élections en Colombie… 🙄

Élections 2011 en Colombie

Nous avons des élections importantes demain (dimanche 30 octobre 2001) en Colombie : gouverneurs d’état, maires, conseillers municipaux, et divers autres personnages officiels. Tout ce beau monde est élu pour 4 ans au suffrage universel.

J’ai suivi avec intérêt la campagne électorale (qui a débuté courant septembre). Cette campagne a eu tous les ingrédients d’un mauvais film noir : corruption, intimidation, tricherie, attentats, chantage, extorsions, menaces, meurtres commandités – et j’en passe !

Pour comprendre les évènements, il faut savoir que la Colombie est un pays toujours très corrompu (vous trouverez les tous derniers chiffres officiels de 2010  ici). Et la situation ne s'améliore guère puisque la Colombie vient de perdre 3 places dans le classement…

La corruption existe hélas à tous les niveaux : du simple employé municipal aux politiciens élus – en passant par les policiers et les juges. Bien sûr, il existe des fonctionnaires intègres, mais disons que c'est plutôt l'exception que la règle…

Donc, toute personne en position de pouvoir va pouvoir se remplir les poches. Et plus la fonction sera haute, plus cette personne aura de possibilités pour s’enrichir sur le dos du peuple en détournant des deniers publics, que ces derniers fassent partie des budgets municipaux ou d’état, ou bien qu'ils soient sous la forme de subventions.

Depuis plusieurs semaines la tension monte donc régulièrement et voici quelques combines utilisées pour (essayer de) se faire élire :

 

1) Truquer les listes électorales : faire voter les morts et les absents, faire voter les gens dans plusieurs bureaux de votes en les inscrivant plusieurs fois ou, tout simplement, inscrire des électeurs fictifs sur les liste électorales ! A ce jour, plus de 500 000 cartes d’identités d’électeurs inscrits ont été déclarées invalides.

 

2) Menacer les candidats qui risquent de gagner (à ce jour, 88 menaces ont été déclarées – on se demande combien de menaces n’ont pas été déclarées !), les tabasser (21 cas reportés) et, si cela ne marche pas, les tuer (41 meurtres commis à ce jour).
 

En tout, les actes violents ont augmenté de plus de 50% par rapport aux dernières élections de 2007.

 

3) Acheter les « jurados », c'est-à-dire les personnes qui vérifient votre identité dans les bureaux de votes et qui vous remettent le bulletin de vote en mains propres.

Un ou deux millions de pesos achètera un « jurado » qui pourra alors remettre à certaines personnes auparavant sélectionnées plusieurs bulletins de vote (au lieu d'un seul). Accumulés, ce bulletins de vote supplémentaires influenceront les résultats dans les municipalités où les résultats s’annoncent serrés.

 

4) Acheter les votes. Il est estimé que plusieurs centaines de millier d’électeurs vendront leur vote. Un vote s’achète pour 40 000 pesos en moyenne, donc une famille entière qui vend ses votes (grands-parents, parents, frères, sœurs, etc.) peut facilement se faire plusieurs centaines de millier de pesos.

 

Qui finance tout ceci ? En général, des grands propriétaires terriens, des compagnies minières et des entreprises qui veulent conserver et protéger leurs intérêts financiers (contrats, renouvellements de licence, etc.).

 

Le colombiens sont bien sûr au courant de ces magouilles, alors pourquoi et pour qui voteront-ils ? La réponse est sans équivoque, telle que m’a répondu une amie colombienne : « De toute façon, le candidat élu va nous voler. Je vais donc voter pour celui qui, je l’espère, nous volera le moins et laissera un peu d’argent dans les caisses pour financer les écoles et les hôpitaux ».

C’est quand l’hiver en Colombie ?

De nombreux amis me posent souvent la question : « C’est quand l’hiver en Colombie ? » – sans doute pour pouvoir me visiter durant l’été !  😎

En fait, la Colombie étant traversée par l’équateur, il n’y a pas de saisons telles que nous les connaissons en France. Le temps est le même du 1er janvier au 31 décembre à l’exception de la saison des pluies.

Sur la Côte, il y a deux saisons des pluies : Une première saison en mai/juin et une seconde saison, plus prononcée, en septembre/octobre.

Et, pour répondre à la question originelle de ce billet, les colombiens ont bien sûr une définition pour les saisons : l’hiver c’est quand il pleut et l’été c’est quand il fait du soleil ! Nous avons donc deux hivers à Barranquilla !

Pour ceux d’entre vous qui sont intéressés, je vous invite à lire cette page de mon blog sur le climat de Barranquilla.

Vivement la saison des pluies !

Il est vrai que nous avons eu quelques orages tropicaux au mois de septembre, mais ils n'ont pas fait baisser la température – au contraire !

A l'approche d'un orage ("aguacero"), la température monte et devient vite étouffante (c'est le même phénomène en France lorsque le temps devient "lourd" à l'approche d'un orage). Mais au lieu de rafraichir l'air, les rares orages du mois de septembre font encore monter la température. En effet, au contact de la pluie froide, le bitume surchauffé (ou la terre en dehors de la ville) relâche la chaleur qu'il avait emmagasiné. Donc, après 20 minutes de pluies torrentielles, il fait encore plus chaud (et plus humide) qu’avant l’orage !

C’est pourquoi j’attends avec impatience la saison des pluies qui, sur la Côte Atlantique, commence au mois d’octobre. D’ailleurs, ce dernier est appelé « el mes lloron » (le mois gros pleureur). Il pleut plusieurs fois par jour et ces nombreux orages font baisser notablement la température.

Et, ô délice, le mois de décembre signalera l’arrivée des vents alizés qui, durant 4 mois, rafraichiront toute la Côte. Le bonheur absolu après 6 mois consécutifs de canicule.

Une semaine dans « Le Monde » (# 2)

Pour ceux d'entre vous qui ont suivi ce billet, je confirme que je n'ai toujours pas reçu de réponse au courriel que j'avais envoyé à la rédaction…

Par contre, hier, j'ai eu l'excellente surprise de constater que "La Sélection Hebdomadaire du Monde" était revenue à 12 pages !

J'ignore si cette décision sera permanente même si j'aime croire, surement à tort, que mon courriel a reçu un accueil bienveillant parmi la rédaction.

Merci "Le Monde" ! :)