Le « cucayo » : une institution alimentaire dans la région des Caraïbes en Colombie

Le « cucayo » est une véritable institution culinaire dans la région des Caraïbes. Mais c’est quoi exactement le « cucayo » ?

Tour d’abord, il faut savoir que la base alimentaire sur la côte Atlantique est le riz. La majorité des costeños en mangent tous les jours, si ce n’est plusieurs fois par jour.

Afin d’éviter la monotonie du riz blanc, le riz se conjugue à une incroyable variété de recettes : riz au coco, riz aux amandes, riz aux crevettes, riz aux carottes, riz aux oignons, riz aux vermicelles, riz aux haricots, riz à l’épinard, riz au poisson, etc. – il existe des dizaines d’autres variétés.

Traditionnellement, le riz est cuit dans ce que les colombiens appellent un « caldero » et qui ressemble à ceci :

Le
Le « caldero » pour le riz en Colombie : une sorte de fait-tout

 

Et même si les cuiseurs à riz sont de plus en plus en plus utilisés, les deux méthodes de cuisson ont une chose très importante en commun : il faut faire cuire le riz suffisamment de temps pour qu’il attache au fond du récipient et qu’il commence à brûler. C’est cette croûte (idéalement entre le marron et le noir) que l’on appelle le « cucayo » et qui ressemble à ceci :

Un
Un « cucayo » totalement réussi !

 

Vous devriez voir comment les membres de la famille se battent autour de la table pour avoir leur part de « cucayo » ! L’attrait du « cucayo » est sa saveur unique et, surtout, le fait qu’il croque sous la dent. Personnellement, j’ai toujours pensé que le « cucayo » devait être hautement cancérigène et j’ai toujours soigneusement évité d’en manger (de toute façon, mon épouse me vole toujours celui que j’ai dans mon assiette).

Pour vous donner une idée de l’engouement pour le « cucayo », il faut que vous sachiez que des restaurants haut-de-gamme à Barranquilla servent des plats avec uniquement du « cucayo » agrémenté de « suero » (crême fraîche aigrelette) ou de fromage costeño râpé.

Et, sur la Côte, on peut même acheter des « calderos » spéciaux qui font que le riz attache plus facilement au fond du récipient !

Toujours pas de plage pour moi en ces jours fériés

J’ai expliqué dans ce billet pourquoi je ne vais pas à Santa Marta (où habite pourtant ma belle-famille) lors des vacances de Pâques ou bien lors des longs week-end de trois jours dont la Colombie raffole.

En résumé, parce que les plages de Santa Marta ressemblent à ceci lors de ces congés :

Sans moi - merci !
Sans moi – merci !

 

Plusieurs personnes m’ont alors suggéré d’aller à l’ouest de Barranquilla (vers Carthagène des Indes) plutôt que d’aller à l’est de Barranquilla (où Santa Marta se situe) durant ces congés.

Je les remercie bien évidemment de leur suggestion, mais j’aimerais cependant leur signaler que, durant ces congés, les plages à l’ouest de Barranquilla (telles que Salgar, Puerto Velero, Puerto Colombia, etc.) ressemblent à ceci :

Toujours sans moi !
Toujours sans moi !

 

Non merci ! Je reste à Barranquilla !

Il pleut enfin à Barranquilla !

La première saison des pluies sur la Côte est en mai/juin. Normalement, il y a en moyenne 6 jours de pluie au mois de mai et 8 jours de pluie au mois de juin (vous trouvez les détails du climat de Barranquilla dans ce billet).

Cela fait plusieurs années que nous souffrons au nord de la Colombie d’une sécheresse extrême. Quelques années, c’est la faute de « el niño », d’autres années, c’est la faute de « la niña ». Voici à quoi ressemblait au début de semaine « El lago del Cisne » (le lac du Cygne), le plus grand lac de notre département de l’Atlántico :

« El lago del Cisne » (le lac du Cygne) – la situation est plus que critique !

 

Nous avons bien eu une petite ondée de quelques heures au mois de mai, mais cela n’a rien changé à la situation.

C’est pourquoi nous avons tous accueilli avec liesse le premier véritable « aguacero » (orage tropical) qui est tombé hier sur Barranquilla et ses alentours.

Naturellement, et comme d’habitude, cet orage a créé le chaos à Barranquilla : les disjoncteurs de « Electricaribe » (l’équivalent de l’EDF française sur la Côte) ont sauté les uns après les autres. Et Barranquilla a été paralysée par les « arroyos » (torrents) déferlant dans les rues (je vous rappelle que Barranquilla n’a pas de réseau d’égouts). Voici d’ailleurs une photo impressionnante de l’arroyo « La Felicidad » (et oui, même les torrents les plus importants ont des noms propres !) à la jonction de la rue 50B avec l’avenue 46 :

« El arroyo Felicidad » (le torrent « Felicidad ») à la jonction de la rue 50B avec l’avenue 46 hier à Barranquilla.

 

Ces torrents sont de véritables menaces – plusieurs personnes meurent chaque année à cause d’eux. Ils arrivent à charrier des voitures et même des bus ! Vous trouvez un fil dédié à ces torrents dans le forum. Le fil est en espagnol, mais vous y trouverez des photos et des vidéos toutes plus impressionnantes les unes que les autres.

Ça m’énerve !!!

Le mois dernier, j’ai souscrit un abonnement annuel à « El Heraldo » (le journal quotidien de la Côte Caraïbe). Auparavant, je l’achetais chaque jour au pharmacien qui vivait en bas de mon immeuble (j’écris au passé, car tout le monde saura maintenant que j’ai déménagé !).

« El Heraldo » coûte $1.200 du lundi au samedi, et $2.000 les dimanches. Je payais donc chaque semaine :

6 x $1.200 = $7.200 plus $2.000 le dimanche = $9.200 chaque semaine. Soit sur un an : $9.200 x 52 (semaines) = $478.400 (cela représente quand même près de 200 euros sur une année).

L’abonnement est beaucoup plus tentant, car il coûte $215.000 par an, soit une économie de 55% ! L’inconvénient majeur étant qu’il faut bien sûr débourser cette somme en avance. Mais bon, l’économie est considérable, donc je n’hésitais pas !

De plus, en tant que nouvel abonné, j’eu droit à une ristourne de 10% ce qui baissa le prix de l’abonnement annuel à $193.500. Je n’allais certes pas me plaindre et confirmai donc mon abonnement.

Par contre, ce qui m’énerve véritablement est que j’ai reçu aujourd’hui ce courriel promotionnel de part de « El Heraldo » :

Argh ! Pourquoi n'ai-je pas attendu un mois pour souscrire à mon abonnement ?
Argh ! Pourquoi n’ai-je pas attendu un mois pour souscrire à mon abonnement ?

 

Un abonnement annuel à $124.000 au lieu des $193.500 que j’ai payés il y a quatre semaines. Oui, c’est le genre de situations qui m’énerve !

Mais, j’ai une autre anecdote sur le sujet (toute aussi énervante) : pour recevoir le journal, j’allai au centre de Barranquilla pour me faire faire une boite aux lettres sur mesure dans un atelier de métaux. Je donnais les mesures pour que ma boite aux lettres puissent recevoir confortablement le journal chaque jour. Voici d’ailleurs une photo de cette boite aux lettres (mouillée par la pluie), dûment peinte et soudée sur la grille de ma maison :

 

Ma nouvelle boite aux lettres, spécialement construite pour recevoir ma copie de
Ma nouvelle boite aux lettres, spécialement construite pour recevoir ma copie de « El Heraldo » chaque jour

 

Maintenant, il faut savoir que les copies de « El Heraldo » sont distribuées chaque matin aux abonnés par des motocyclistes que l’on appelle des « voceros ». Le mot « voceros » a pour racine le mot « voz » qui veut dire « voix » en français. Pourquoi ? Parce que ces « voceros » viennent à 4 heures du matin en hurlant « Heraldo! » dans les rues ensommeillées de Barranquilla.  Sans exagérer, ces « voceros » crient « Heraldo » à plus de 100 décibels, comme si les honnêtes gens allaient sortir de leur maison à 4 heures du matin pour acheter une copie du journal !

Mon « vocero » a unilatéralement décidé qu’il n’allait pas utiliser ma boite aux lettres pour me donner ma copie du journal. Il préfère en effet lancer mon journal sur mon balcon (j’habite au premier étage) à partir de sa moto – et sans s’arrêter, bien sûr. Des fois, il rate son coup et le journal tombe dans la cour du rez-de-chaussée, mais j’avoue que je suis assez impressionné par sa précision de tir.

Ah, la Colombie !

Mes expériences avec quelques dentistes de Barranquilla

Samedi soir dernier, une de mes dents a littéralement explosé (ou bien devrais-je écrire « implosé » ?).

J’étais en train de manger un « arroz de cebolla » (un riz aux oignons) que notre aide-domestique avait préparé pour le déjeuner, lorsque je sentis comme des grains de sable sous mes dents alors que je mastiquais. Curieux (mais pas encore inquiet), je les retirai de ma bouche pour les examiner en pensant que c’étaient des petits graviers.

La couleur ivoire de ces petits graviers me mit rapidement la puce à l’oreille, impression très désagréable confirmée lorsque ma langue rencontra un trou béant entre deux molaires.

Pour celles et ceux d’entre vous qui ont déjà eu ce problème, vous saurez que c’est votre langue qui le plus souvent identifie les problèmes dentaires…

Bon, « béant » est peut-être exagéré, mais disons que la moitié d’une de mes (pré-)molaires avait disparu. L’autre moitié restante possédant des saillies très acérées qui commençaient à entailler l’intérieur de mes joues.

Dès le lundi aux aurores, je commençai à visiter quelques cabinets dentaires du nord de Barranquilla (où j’habite).

Pour comprendre la situation, il faut savoir que les costeños ont une obsession avec leurs dents. Bon, ils ont une véritable obsession avec leur apparence en général, surtout les femmes, mais cela fera l’objet d’un autre billet.

Chaque pâté de maison au nord de la ville a au moins un cabinet dentaire (souvent plus !) – non, je n’exagère pas. Des dents impeccablement blanches et sans difformité (avez-vous remarqué combien de femmes portent des bagues dentaires ? C’est hallucinant !).

Bon, je vais essayer d’être bref : que faire pour régler mon problème ? Voici les différentes solutions qui me furent proposées par divers dentistes en ces lundi et mardi :

a) Je devais avoir une dent artificielle vissée sur la racine de mon ancienne dent …

b) Je devais avoir une couronne posée sur les restes de ma demi-dent restante…

c) Je devais avoir un bridge pour combler le trou entre mes deux dents…

Coût à chaque fois : entre $1.000.000 et $1.500.000…

Jusque, par pur hasard, je visitai un dentiste qui me dit qu’il pouvait « reconstruire ma dent » (avec un amalgame de résine), mais que cela ne serait qu’une solution temporaire. « Temporaire pour combien de temps, » lui demandai-je ? « Deux ans, » me répondit-il. « Coût, » lui-demandai-je ? « $67.000, » me répondit-il.

Tout ceci pour vous dire que, alors que j’écris ce billet, ma dent a été « réparée » et que je n’ai payé que $67.000. Les autres dentistes me demandaient jusqu’à plus de vingt fois plus ! Bien sûr, leurs solutions étaient plus permanentes (selon eux), mais bon, cela reste à voir…

La morale de ce billet: n’acceptez-pas les premiers devis et faites véritablement jouer la concurrence entre les dentistes. Vous devrez sans-doute y passer un peu de temps, mais cela en vaudra vraisemblablement la peine…

Cerise sur le gâteau dans mon cas particulier : ce dentiste est vraiment excellent ! Son travail est irréprochable, il explique ce qu’il est en train de faire et, surtout, ce n’est pas un boucher avec la fraise ! J’irai définitivement le revoir pour mes visites annuelles préventives.

P.S.: Bien naturellement, contactez-moi (le lien de contact se trouve en bas de cette page) si vous désirez connaitre les coordonnées de ce merveilleux dentiste á Barranquilla, et je me ferai un plaisir de vous envoyer ses détails !

Les mangues en Colombie

La mangue a toujours été un de mes fruits favoris. Je l’ai découverte dans les années 80 lorsque mes affaires me menaient régulièrement en Asie (Inde et Sri Lanka). J’avoue que manger une mangue fraîche au petit déjeuner en regardant l’océan indien restera l’un des meilleurs souvenirs de mes voyages dans cette région du globe…

C’est pourquoi j’ai été ravi de découvrir que la mangue est omniprésente en Colombie ! En fait, la mangue est à la Colombie ce que l’humble pomme est en France, c’est à dire un fruit de tous les jours qui ne déchaîne certes pas les passions.

A Barranquilla (et sur la Côte), la majorité des rues ont des manguiers qui fournissent de l’ombre bienvenue. N’importe qui peut récolter leurs fruits en se promenant dans les rues. Un exemple :

Des manguiers le long d'une rue
Des manguiers le long d’une rue

 

Il faut cependant savoir qu’il existe différents types de mangues en Colombie. Voici un petit guide pour ne pas vous perdre :

1) Mango de azucar

Littéralement : « La mangue de sucre ». Comme son nom l’indique, c’est la mangue la plus sucrée que vous pourrez trouver en Colombie. Du pur miel et du pur nectar. Elle est de petite taille :

Mangos de azucar (Mangues de sucre)
Mangos de azucar (Mangues de sucre)

 

Vous devez impérativement la choisir de couleur rouge ou jaune/dorée (comme dans la photo ci-dessus).

 

2) Mango Tommy

Elle est 3 à 4 fois plus grosse que la « mango de azucar ». Elle est un tout peu moins sucrée que sa cousine, mais reste un délice.

 

Mangos Tommy
Mangos Tommy

 

Vous devez impérativement la choisir de couleur rouge.

La saison des mangues en Colombie est au mois de mai.

 

Il existe beaucoup d’autres variétés de mangues en Colombie. Les deux que je vous ai présentées se mangent en les croquant directement (telle une pomme) ou bien en salade de fruits. Les autres variétés sont beaucoup plus fibreuses et, en règle générale, se mangent en jus. D’ailleurs, ces variétés pour faire exclusivement du jus ne se vendent pas dans les boutiques/marchés/supermarchés, mais se récoltent dans les rues ou bien chez soi (quel maison n’a pas un manguier dans sa cour !).

 

Pour conclure ce billet, je me dois de mentionner le fameux « mango biche », c’est à dire des mangues pas mures (donc de couleur verte) que de nombreux colombiens mangent avec une pointe de sel et un filet de citron :

Le fameux
Le fameux « mango biche » : des mangues pas mures (donc vertes) qui se mangent avec une pointe de sel et un filet de citron

 

Et pour celles et ceux d’entre vous qui seraient intéressés par le sujet des mangues, voici un site web américain (en Floride) qui recense près de 40 variétés de mangues couramment disponibles !

Le stress d’un déménagement (en Colombie ou ailleurs)

En psychologie, la notion de « stress » regroupe plusieurs notions ; le changement, la cause extérieure provoquant la réaction, l’agent stressant ; on peut désigner ceci par les termes de « contrainte » ou de « pression nerveuse » ; et la réaction d’adaptation à cette contrainte, qui peut être désigné par le terme« tension nerveuse ». L’étude du stress fait également intervenir la médecine, la psychologie et la sociologie. (source).

D’après les études de Holmes et Rahe, voici les événements les plus stressants qu’une personne puisse vivre sur une échelle de 0 à 100 :

Mort du conjoint : 100
Divorce : 73
Séparation conjugale : 65
Emprisonnement : 65
Décès d’un proche parent : 63
Blessure ou maladie physique : 53
Mariage : 50
Perte d’emploi : 47
Réconciliation conjugale : 45
Retraite : 45
Maladie du conjoint : 44
Maladie d’un proche : 44
Grossesse : 40
Naissance : 39
Arrivée d’un nouveau membre dans la famille : 39
Modification de la situation financière : 38
Mort d’un ami intime : 37
Changement de travail : 36
Modification du nombre de disputes avec le conjoint : 35
Modification de responsabilités professionnelles : 29
Départ de la maison d’un enfant : 29
Difficultés avec la belle famille : 29
Début ou arrêt de travail du conjoint : 26
Début ou fin de scolarité : 26
Changement dans les conditions de vie : 25
Changement des habitudes personnelles : 24
Conflits avec employeur : 23
Déménagements : 20
Changement des loisirs : 19
Changement des activités sociales : 18
Changement dans les habitudes de sommeil ou repos : 15
Changement du nombre de personnes vivant dans la famille : 15
Petites infractions de la loi : 11

Ce qui m’interpelle dans cette liste est la différence entre les événements « positifs » et les événements « négatifs ». J’arrive à comprendre que des événements malheureux tels que la mort de son conjoint ou un divorce puisse être stressants et se trouver en tête de liste…

Il m’est plus difficile de comprendre pourquoi des événements heureux tels qu’un mariage, ou une réconciliation conjugale, ou bien une naissance puissent être considérés comme globalement stressants. J’arrive à comprendre le stress temporaire créé par ces situations, mais j’aurais pensé que la dose de bonheur engendrée par ces situations « positives » annulerait le stress négatif de ces situations…

Tout ceci pour vous dire que je constate que mon récent déménagement en Colombie ne mérite qu’une note de « 20 »!!! Vous me direz, c’est déjà bien que cet événement soit inclus dans la liste mais, subjectivement, il mériterait un « 40 » !!!  :mrgreen: